La sixième session ordinaire du Conseil d’administration du Centre d’Information et de Gestion des Migrations (CIGEM) s’ouvre sur une ambition renouvelée. Au cœur des perspectives : un budget prévisionnel 2026 de près de 495 millions de francs CFA, reflet d’une volonté affirmée de renforcer la gouvernance migratoire du Mali.
Présidant la cérémonie d’ouverture, le ministre des Maliens établis à l’extérieur et de l’Intégration africaine, Mossa Ag Attaher, a rappelé que le Mali demeure « une terre de migration par excellence », où la mobilité est perçue comme un levier de développement. Dans cette dynamique, le CIGEM s’impose comme un outil central, à la fois observatoire national et instrument d’aide à la décision publique.
Chargé de missions structurantes telles que : production d’études, renforcement des capacités, appui aux politiques publiques, promotion de l’investissement de la diaspora et développement de partenariats, le Centre occupe une place stratégique dans la mise en œuvre de la politique migratoire nationale. Il constitue, selon le ministre, un véritable « centre de souveraineté sur la gouvernance des données migratoires ».
Revenant sur la gouvernance de l’exercice 2025, le ministre a présenté un bilan détaillé. Sur seize activités programmées, huit ont été réalisées, deux sont en cours et six n’ont pu être exécutées, soit un taux d’exécution d’un peu plus de 50 %. Malgré ces limites, plusieurs acquis significatifs ont été enregistrés.
Parmi eux figurent des études stratégiques sur les liens entre migration et changement climatique dans les régions de Kayes et Sikasso, ainsi que sur les opportunités socio-économiques et les conditions de travail des femmes en mobilité, avec un accent particulier sur leur protection face aux violences basées sur le genre. Le CIGEM a également contribué à l’évaluation de la Politique nationale de migration, consolidant ainsi les bases de la gouvernance sectorielle.
Sur le plan opérationnel, le Centre a assuré la formation de 40 migrants de retour dans les domaines de la transformation agroalimentaire et des énergies renouvelables, illustrant des actions concrètes en faveur de la réintégration et du renforcement des capacités.
Au titre des perspectives, le programme d’activités 2026 marque une inflexion majeure. Il ambitionne de faire évoluer le CIGEM d’une logique de fonctionnement vers une logique de transformation, en mettant l’accent sur le renforcement de la gouvernance interne, la production de connaissances stratégiques, l’ancrage territorial et le développement de partenariats.
Il prévoit notamment la réalisation d’études approfondies, la publication d’outils structurants comme le Glossaire malien de la migration, ainsi que le renforcement des dispositifs de collecte et d’analyse des données. La formation des acteurs et l’accompagnement des collectivités territoriales y occupent également une place importante.
C’est dans ce cadre que s’inscrit le budget prévisionnel 2026, estimé à près de 495 millions de francs CFA. Mobilisant les ressources de l’État et des partenaires, cette enveloppe traduit une ambition claire, notamment à travers des investissements structurants tels que la réhabilitation et l’extension du siège du CIGEM.
Tout en saluant les efforts accomplis, le ministre a insisté sur l’exigence de résultats, appelant à une mise en œuvre rigoureuse, cohérente et orientée vers l’impact. L’objectif est de faire du CIGEM un instrument pleinement opérationnel, capable d’anticiper les dynamiques migratoires et de soutenir efficacement une migration ordonnée, sûre et bénéfique au développement du Mali.
Issa Djiguiba
Source : Le PAYS
