À l’heure du Mali : Guerre Israël–Iran, si loin, si proche

Ce 11 mars, la deuxième guerre Iran–Israël comptera douze jours, égalant déjà celle de juin dernier. Au delà de ce seuil, l’incertitude sur sa fin ne fera que s’épaissir. Les États Unis, alliés d’Israël, avaient prédit une guerre éclair pour en finir avec le régime de Téhéran.

Mais pour une grande partie du monde, attachée au droit international et au système des Nations unies censé garantir la paix, ce scénario paraît ubuesque. Le Mali appartient à cette communauté pacifiste, intransigeante sur la souveraineté des États. C’est le message que le Premier ministre Abdoulaye Maïga a porté à l’ambassade d’Iran, le jeudi 5 mars, en signant le livre de condoléances après la mort du Guide suprême, l’Ayatollah Ali Khamenei. Le Mali ne peut rester indifférent lorsque le souverain d’un pays ami périt sous les bombes, quelle que soit la nature du conflit. Le Général de division Maïga a eu les mots justes pour compatir à la douleur du peuple iranien dont le Guide est «mort en martyr, défendant jusqu’à son dernier souffle l’intérêt supérieur de l’État et du peuple iranien». 

Pour le Mali, dont une forte communauté vit en harmonie avec les pratiques islamiques du pays des Ayatollah, celui qui a présidé aux destinées de l’Iran pendant plus de trente six ans, fut un Homme d’État dont «la vision d’un monde plus juste, multipolaire et respectueux des identités restera gravée dans la mémoire de ceux qui luttent pour l’indépendance et la souveraineté de leur peuple». 

Le Mali et l’Iran sont deux Républiques sœurs, unies au sein de la Oummah islamique, entretenant des relations d’amitié et de coopération fructueuse dans les domaines de la santé, de l’agriculture, des infrastructures. L’ambassadeur Mahmoud Khani Jooyabad a, d’ailleurs, présenté ses lettres de créance au Président de la Transition, le Général Assimi Goïta, le 6 janvier dernier. 

C’est au nom de cette fraternité que le Mali se dit meurtri par une guerre menée contre l’Iran par Israël. Comme l’ensemble de la communauté internationale, il s’interroge sur l’issue de ce conflit, qui ne fera qu’alourdir le bilan macabre des victimes innocentes et compromettre les promesses de prospérité mondiale. Déjà, les répercussions économiques inquiètent : flambée du prix du pétrole, poussée inflationniste, ralentissement global. De l’Asie à l’Amérique, en passant par l’Europe et l’Afrique, tous les États sont en alerte. 

Notre pays, qui sort d’une longue crise du carburant, recherchant toujours une solution définitive les délestages, ajuste ses stratégies en s’appuyant sur son expérience de résilience. Le Gouvernement dispose d’outils essentiels comme le Comité interministériel de gestion des crises et catastrophes, ainsi que les mécanismes au niveau du ministère de l’Économie et des Finances sous la houlette du ministre d’État Alousseini Sanou. Les départements du Commerce, des Transports et de l’Énergie sont également mobilisés pour prévenir les contrecoups de ce conflit, lointain géographiquement mais proche par ses effets sur les routes maritimes, terrestres et aériennes. 

Face à cette crise venue du Moyen Orient, le Mali poursuit ses propres chantiers. En matière de défense et de sécurité, le ministre d’État Sadio Camara a inauguré le camp militaire de Kita, qui abritera le 35e Régiment d’infanterie motorisée, s’ajoutant à ceux de Koutiala, San et Bougouni. Parallèlement, les opérations de frappes et de traques contre les GAT se poursuivent sur tout le territoire. Sur le plan politique, le processus national de paix avance avec la nomination des 30 membres de l’Observatoire national pour la paix et la réconciliation, présidé par l’ancien Premier ministre Ousmane Issoufi Maïga, chargé de conduire le train de l’appropriation nationale du processus de paix et de réconciliation nationale.


Enfin, malgré la guerre au Moyen Orient, le Mali reste attaché aux points plus lumineux de l’agenda international. Le 8 mars, à Bandiagara, le Premier ministre et plusieurs membres du gouvernement ont célébré la Journée internationale des droits de la femme. La femme, moitié de l’homme et actrice de l’humanité, incarne l’espérance d’un monde sans guerre.

Alassane Souleymane

Source : L’Essor

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