Sur la falaise de Bô, où le vent porte les murmures des ancêtres et la poussière des siècles, un prince ose l’impensable : défier les dieux.
Depuis toujours, la jument sacrée veille, les griots perpétuent les récits, et les clans s’affrontent sous le regard des esprits. Mais Babè, jeune héritier partagé entre les sciences et les légendes, refuse l’héritage de la résignation.
Il propose une voie inédite, celle de la raison, de la justice et du courage partagé. Pourtant, face aux prophètes aveugles, aux sorciers manipulateurs et aux politiciens avides, son combat semble dérisoire.
Bô : Le prince et les cendres du ciel est une épopée envoûtante, où fable politique, initiation et mysticisme s’entrelacent. Mahamadou Konaté y peint la lutte d’un peuple tiraillé entre traditions et renouveau, où chaque choix de Babè résonne comme un défi lancé à l’histoire. Car à Bô, la fin n’est qu’un souffle – et la renaissance, une promesse.
Bô : Le Prince et les Cendres du Ciel plonge le lecteur dans un Mali où la mémoire se mêle à l’horizon, où le vent ancien charrie des secrets et des cendres froides. Au cœur de cette fresque envoûtante, l’année 1911 marque un tournant : l’ordre ancestral vacille sous les coups d’une élection inédite et des ambitions dévorantes.
Babè, jeune prince tiraillé entre la science et les récits du feu, incarne une audace rare. Face aux dieux, aux sorciers et aux politiciens, il ne brandit ni miracle ni incantation, mais un pari périlleux : celui de la raison, de la justice et du courage collectif. Pourtant, dans un monde où les clans s’affrontent, où les prophètes se trompent et où la jument sacrée disparaît, le prix à payer pour guider un peuple attaché aux esprits de la poussière est immense.
À travers des figures marquantes – Djéli Batou, le Maître griot, Siriba le marabout rusé, Djan Sylla le seigneur des champs – Mahamadou Konaté tisse une épopée politique et mystique. Ce roman, entre fable initiatique et fresque historique, interroge la mémoire, le pouvoir et les renaissances possibles, résonnant avec les questionnements d’un Mali en quête d’avenir.
L’écriture de Mahamadou Konaté se distingue par sa richesse d’images et sa musicalité, tout en restant fluide et accessible. Il mêle narration romanesque, souffle poétique et observation sociale avec naturel.
Ses descriptions donnent vie aux lieux, aux gestes du quotidien et aux émotions collectives, sans jamais perdre le fil de l’histoire. Les dialogues, simples et justes, rendent les personnages proches du lecteur.
Ce style chaleureux permet d’aborder des thèmes profonds — tradition, modernité, justice, transmission — avec clarté et sensibilité. L’auteur parvient ainsi à toucher un large public, qu’il soit amateur de romans historiques, de récits engagés ou d’histoires humaines.
Ce roman s’adresse à un large lectorat adulte, curieux de découvrir des récits ancrés dans d’autres horizons culturels tout en restant universels. Il séduira les lecteurs de sagas historiques, de fresques sociales et de romans engagés qui questionnent le pouvoir, l’héritage et l’avenir des sociétés. Les libraires pourront également le recommander à un public sensible aux voix africaines contemporaines, aux histoires de transmission et aux personnages porteurs d’espoir. Accessible sans être simpliste, le livre peut aussi toucher de jeunes adultes attirés par des récits forts, porteurs de sens et d’émotion
Extrait
Dans le quartier Yéléni, le feu brûlait sous les idées. La coalition des trois grins jeunes – Yéléni, Kouloutchi et Benkadi – savourait encore les applaudissements qui avaient salué la candidature de Kokèba Diourté.
Autour de la grande natte, une vingtaine de jeunes leaders débattaient :
– Il faut frapper vite et fort ! disait Koumba, capitaine de l’équipe féminine de tir à l’arc. Tous les jeunes l’aiment. On doit les faire voter !
– Et surtout, les faire sortir le jour du choix, ajouta Mamadi, ancien élève de Diourté. Ils aiment parler, mais souvent, ils ne vont pas jusqu’aux cercles de vote.
—-Alors on ira chercher les coaches, les capitaines, même les vendeuses de dolo si besoin ! Chaque voix compte !
La stratégie était claire : s’appuyer sur la popularité sportive de Diourté, son passé d’entraîneur, ses victoires successives. À Bô, le tir à l’arc était plus qu’un jeu, c’était un art noble, une passion transgénérationnelle. Tous l’avaient vu diriger, corriger, encourager
Source : Mali Tribune
