Le chômage demeure l’un des grands défis socio-économiques du Mali. Il touche particulièrement les jeunes, confrontés à des obstacles multiples : inadéquation entre formation et marché, rejet des petits métiers, discrimination ou favoritisme dans le recrutement.
Beaucoup de jeunes diplômés restent sans emploi faute de compétences pratiques, d’accompagnement ou de réseau. Certains peinent à valoriser leurs expériences, d’autres se découragent après de longues recherches infructueuses. D’autres refusent les petits métiers, jugés peu valorisants, malgré leur potentiel économique.
Ceux qui ont un faible niveau d’instruction ou vivent en zone rurale sont souvent exclus des opportunités faute d’infrastructures ou de formation adaptée. Malgré leurs compétences, certains jeunes sont écartés des postes à cause de pratiques discriminatoires ou de népotisme. Ils se tournent alors, très souvent, vers des micro-entreprises ou des activités informelles, souvent précaires et mal rémunérées.
« Cela fait un an que j’ai terminé mes études. J’ai déposé des demandes dans plusieurs entreprises. Je choisis d’attendre, car après 21 ans d’études, je ne peux pas me résoudre à exercer des petits métiers. Je sais qu’il n’y a pas de sots métiers, mais c’est une réalité que je n’arrive pas à accepter », affirme A.K., jeune diplômée. MK renchérit, « j’ai fini mes études depuis longtemps, mais je n’ai jamais eu de réponse. Pour moi, c’est du favoritisme. Je connais mes compétences, et je vois des gens moins qualifiés occuper des postes grâce à leurs relations ».
Yayi Coulibaly, ancienne contractuelle : « Après l’université, j’ai fait des stages, puis j’ai été recruté dans un projet quinquennal. J’y ai travaillé cinq ans, mais la première phase a été annulée. On nous a remis une lettre de licenciement. Depuis, je n’ai pas retrouvé de contrat. »
Pour réduire le chômage, des observateurs pensent qu’il faut réformer le système éducatif pour mieux aligner les formations aux besoins du marché, favoriser les partenariats entre écoles et entreprises, afin que les étudiants les plus performants puissent intégrer le monde professionnel dès la fin de leur cursus, multiplier les centres de formation professionnelle (couture, coiffure, artisanat, etc.) pour offrir des alternatives concrètes aux jeunes, organiser des forums et rencontres d’opportunités, pour révéler les talents et faciliter les recrutements transparents et d’encourager l’entrepreneuriat, en soutenant les jeunes porteurs de projets à travers des financements, des formations et des accompagnements.
Assitan Coulibaly
(Stagiaire)
Source : Mali Tribune
