La Confédération des États du Sahel (AES) a franchi une étape historique lors de la 2ᵉ Session ordinaire de son Collège des Chefs d’État, tenue à Bamako sous la présidence du Général d’Armée Assimi GOÏTA.
Cette session a consacré l’entrée en activité de plusieurs institutions clés, renforcé l’architecture juridique de la Confédération, et affirmé sa souveraineté face aux menaces multiformes.
Des travaux de fond structurants pour une Confédération consolidée
Les Chefs d’État du Burkina Faso, du Mali et du Niger ont passé en revue l’état d’exécution de la Feuille de route de l’An I, saluant les avancées concrètes dans les domaines politique, sécuritaire, économique et diplomatique. Le Relevé des conclusions du Conseil des ministres (20–21 décembre) a été entériné, tout comme les rapports sur les négociations avec la CEDEAO et les progrès institutionnels.
Moment fort de cette session, la cérémonie solennelle de remise de l’étendard à la Force Unifiée de l’AES (FU-AES) a marqué son entrée officielle en activité. Cette force militaire conjointe, fruit d’une coordination exemplaire entre les armées des trois pays, incarne la réponse confédérale à l’insécurité et au terrorisme.
Parallèlement, les Chefs d’État ont inauguré symboliquement les nouveaux instruments de souveraineté de l’AES : le drapeau, l’hymne, la devise, ainsi que les documents d’identité et de voyage communs. Les institutions désormais opérationnelles sont la Télévision et le siège de la BCID-AES, qu’abrite Bamako. Une preuve de l’identité politique remarquée de la Confédération et sa volonté remarquable de se doter de tous les attributs d’un État fédéral en devenir.
Une architecture juridique renforcée par quatre protocoles majeurs
Le Collège a adopté quatre protocoles additionnels au Traité fondateur, qui structurent l’action confédérale :
Défense et Sécurité : pour une doctrine commune de protection de l’espace confédéral.
Coordination diplomatique : pour une diplomatie unifiée, proactive et souveraine.
Développement économique : pour une convergence des politiques et une planification intégrée.
Sessions parlementaires confédérales : pour une gouvernance législative partagée et représentative.
Ces instruments juridiques visent à garantir l’efficacité, la cohérence et la légitimité des décisions confédérales.
Menaces à exorciser : vers une souveraineté intégrale
Le Collège a dressé un diagnostic lucide des menaces persistantes : terrorisme armé, toujours actif malgré les succès militaires récents ; terrorisme économique, à travers des pressions judiciaires et financières ; terrorisme médiatique, via des campagnes de désinformation ciblées ; ingérences étrangères, y compris régionales, visant à affaiblir la Confédération.
Face à ces défis, les Chefs d’État ont instruit leurs ministres de renforcer la communication stratégique, d’intensifier la coopération judiciaire et de poursuivre les opérations militaires conjointes. L’objectif : exorciser durablement les menaces et restaurer la pleine souveraineté des États membres.
Développement endogène et intégration économique
L’AES poursuit sa stratégie d’autonomisation économique. Le Prélèvement Confédéral (PC-AES) est désormais effectif, assurant un financement interne des projets communs. La Banque Confédérale pour l’Investissement et le Développement (BCID-AES) est prête à financer les infrastructures stratégiques. La convergence des politiques économiques (douanes, mines, industrie, transport) est en cours, avec pour objectif la création d’un espace intégré, souverain et prospère.
Les États membres ont également réaffirmé leur droit inaliénable à la souveraineté sur leurs ressources naturelles, dénonçant les tentatives d’appropriation illégitime par voie judiciaire.
L’AES s’impose désormais comme un acteur géopolitique crédible avec une diplomatie confédérale active et un rayonnement international à n’en pas douter.
Le Collège a salué la coordination diplomatique entre les États membres ; les concertations préalables aux sommets internationaux ; le soutien de partenaires sincères respectueux de la souveraineté sahélienne.
La diaspora AES est appelée à jouer un rôle accru dans la refondation de l’espace confédéral, notamment à travers une stratégie de communication unifiée et des projets de développement coordonnés.
Passation de présidence : continuité et vision
Le Capitaine Ibrahim TRAORÉ, Président du Faso, a été désigné Président en exercice de l’AES pour l’année 2026. Dans son discours d’investiture, il a salué le leadership du Président Assimi GOÏTA et a placé son mandat sous le signe de la continuité stratégique, en annonçant les axes prioritaires de la Feuille de route de l’An II.
Le Président sortant, Assimi GOÏTA, a remercié ses pairs pour leur confiance et leur solidarité, soulignant que les fondations de la Confédération sont désormais solides pour affronter les défis à venir.
Une Confédération debout, unie et résolue
La 2ᵉ Session du Collège des Chefs d’État de l’AES aura été celle de la consolidation, de l’inauguration et de la projection. Dans un monde en recomposition, le Burkina Faso, le Mali et le Niger tracent ensemble une voie souveraine, solidaire et stratégique, au service de leurs peuples et de l’Afrique. Bamako consacre l’ancrage d’une Confédération en marche. La prochaine session du Collège se tiendra à une date convenue par voie diplomatique.
La Rédaction
Source : L’Aube
