Les confréries soufies et les salafistes, ainsi que les chiites ont fermement condamné la mort de l’Ayatollah Khamenei
Chouala Bayaya Haïdara, imam et prêcheur, proche de Téhéran, a dénoncé l’assassinat de l’Ayatollah Ali Khamenei, guide suprême de la révolution islamique iranienne, de ses proches ainsi que des dirigeants hauts placés du régime.
Celui-ci demande à ses fidèles de se mobiliser pour rendre hommage au guide iranien tué lors des bombardements qui ont visé sa résidence, samedi dernier, à Téhéran.
Dans son propos il dit que ce qu’il se passe est « une guerre d’agression, un crime de guerre et crime contre l’humanité ». Nous condamnons l’élimination de l’Ayatollah Khamenei. Nous la condamnons un million de fois. Nous n’avons pas prévu de marcher en guise de protestation, mais nous allons organiser, ce vendredi, une cérémonie de prière à 16 h dans notre mosquée, pour rendre hommage aux martyrs iraniens. Le fait de tuer Khamenei ne constitue pas un acte de grandeur pour l’Amérique. Cette Amérique aurait été grande si elle avait pu empêcher l’Iran de ne pas tirer des missiles, mais l’Iran continue de tirer quand et où il veut des missiles, » dit Chouala Bayaya Haïdara
Une mobilisation qui reste faible
Néanmoins, la capacité de mobilisation des chiites est très faible au Mali. Même s’il n’existe pas de statistiques officielles, ceux-ci représentant probablement moins de 1 % des musulmans dans ce pays, où près de 90 % des fidèles appartiennent au courant sunnite malikite, imprégné de tradition soufie.
L’imam Ayouba Touré est un représentant de la branche musulmane majoritaire. Opposé à l’idéologie chiite, il apporte toutefois son soutien au peuple iranien :
« Tantôt l’Iran veut produire l’arme nucléaire, tantôt l’Iran veut faire ceci ou cela… Mais l’Amérique qui détient l’arme nucléaire, qui l’a autorisée à la fabriquer ? On en déduit que ce sont eux les gendarmes du monde, les maîtres du monde, ce sont eux les plus méritants qui doivent bénéficier de tout et les autres doivent les suivre. Ce n’est plus de l’hégémonie, mais bien une jungle. Je ne supporterai jamais l’Amérique au détriment de l’Iran, même si je ne partage pas la doctrine religieuse du régime iranien. »
Lors d’un prêche, Cheikh Ahmed Tidiane Haïdara, fils de l’influent président du Haut conseil islamique du Mali, Cherif Ousmane Madani Haïdara, décrit, pour sa part, je cite, un “crime odieux contre un peuple souverain”, qui a le droit de se défendre.
Aboubacar Sidick Fomba, membre du Conseil national de transition, un soutien des militaires au pouvoir, condamne, de son côté, un acte d’agression armée contre un Etat souverain, en violation du droit.
Source : Dw
