Editorial : CAN/FEMAFOOT : l’heure des comptes

Le football malien arrive à un moment charnière de son histoire. L’élimination des Aigles du Mali en quart de finale de la CAN 2025 n’est pas seulement une défaite sportive ; elle est un test de gouvernance pour la Fédération malienne de football (FEMAFOOT).

A ce stade, il ne s’agit plus de commenter les performances des joueurs, mais d’examiner la capacité de l’instance dirigeante à assumer ses responsabilités.

Le peuple malien du football ne demande pas des miracles. Il ne réclame ni trophées automatiques ni promesses irréalistes. Il demande trois choses simples, mais fondamentales : la vérité, la rigueur et la vision.

La vérité, d’abord, sur les objectifs fixés et non atteints. La rigueur, ensuite, dans l’évaluation du staff technique, de la préparation et des choix stratégiques. La vision, enfin, pour sortir du cycle infernal des CAN « prometteuses » mais sans consécration.

Ce public, passionné et lucide, ne se satisfait plus de discours rassurants ni de bilans enjolivés. Il sait reconnaître l’effort, mais il sait aussi identifier la stagnation lorsqu’elle devient chronique.

Après la CAN 2025, le temps des bilans complaisants est révolu. Il ne s’agit plus de se féliciter d’une qualification en quarts de finale ou de saluer une « belle prestation » malgré l’élimination. A force de relativiser les échecs, on finit par les normaliser.

La FEMAFOOT doit rompre avec cette culture de l’auto-satisfaction. Une institution qui aspire à l’excellence doit être capable de regarder ses propres limites en face, sans faux-semblants ni calculs politiques. Faire l’économie d’un bilan critique aujourd’hui, c’est préparer une désillusion encore plus grande demain.

Ce ne sont plus les joueurs qui doivent être jugés en premier lieu, mais les décideurs. La FEMAFOOT doit répondre à une question simple : où veut-elle conduire le football malien ?

Souhaite-t-elle gérer l’existant, préserver des équilibres internes et maintenir un statu quo confortable ? Ou ambitionne-t-elle réellement de bâtir une équipe capable de remporter une CAN et de s’imposer durablement sur la scène mondiale ?

Les décisions à venir maintien ou non du sélectionneur, réorganisation du staff technique, réforme de la politique de formation et de suivi des internationaux  diront plus long.

La FEMAFOOT est face à un choix historique : La continuité de l’échec, déguisée en stabilité  ou le risque du renouveau, assumé, réfléchi, mais courageux.

Si la FEMAFOOT choisit l’immobilisme, elle devra en assumer seule les conséquences devant l’histoire et devant le peuple malien du football.

Djibril Founèkè

Source : Arc en Ciel

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