Un nouveau rapport du Groupe de la Banque mondiale révèle un décalage majeur entre l’adoption des lois en faveur de l’égalité économique des femmes et leur application effective.
Selon l’édition 2026 du rapport Les Femmes, l’Entreprise et le Droit, les législations garantissant l’égalité des chances économiques ne sont mises en œuvre, en moyenne, qu’à moitié dans le monde.
Sur le plan juridique, les pays obtiennent un score moyen mondial de 67/100 en matière d’adoption de lois favorables à l’égalité économique. Toutefois : Le score tombe à 53/100 pour l’application effective de ces lois. Il chute à 47/100 pour la mise en place des mécanismes institutionnels permettant d’exercer ces droits.
Plus alarmant encore : seulement 4 % des femmes dans le monde vivent dans des pays où leurs droits économiques sont quasiment équivalents à ceux des hommes.
Même si les lois existantes étaient pleinement appliquées, les femmes ne disposeraient que des deux tiers des droits économiques accordés aux hommes.
Le rapport identifie l’insécurité face aux violences comme un obstacle majeur à la participation économique des femmes. Seul un tiers des législations nécessaires ont été adoptées à l’échelle mondiale, et dans 80 % des cas, elles ne sont pas correctement appliquées.
Sans sécurité — à domicile, au travail ou dans l’espace public — l’égalité économique reste théorique.
Entrepreneuriat et accès au crédit : un retard persistant
Si, dans la plupart des pays, les règles de création d’entreprise sont juridiquement identiques pour les hommes et les femmes, l’accès égal au crédit n’est garanti que dans environ la moitié des économies étudiées. Cette lacune freine l’essor de l’entrepreneuriat féminin.
Les services de garde d’enfants constituent un facteur déterminant de l’accès des mères au marché du travail. Pourtant : Moins de la moitié des 190 économies étudiées prévoient un soutien financier ou fiscal aux familles. Seules 30 % disposent des politiques nécessaires pour garantir des services abordables et de qualité. Dans les pays à faible revenu, à peine 1 % des dispositifs requis sont en place.
Au cours des deux dernières années, 68 économies ont adopté 113 réformes positives, notamment dans les domaines de l’entrepreneuriat et de la lutte contre les violences.
L’Afrique subsaharienne se distingue avec 33 réformes, un record régional. Madagascar et la Somalie ont levé des restrictions professionnelles pesant sur les femmes.
Dans le monde arabe, l’Égypte figure parmi les principaux réformateurs, avec : l’allongement du congé maternité rémunéré ; l’introduction d’un congé paternité ; l’inscription du principe d’égalité salariale ; la reconnaissance du droit au travail flexible.
Selon les auteurs du rapport, garantir l’égalité économique n’est pas uniquement une question de justice sociale : c’est une nécessité macroéconomique. D’ici dix ans, 1,2 milliard de jeunes — dont la moitié de filles — entreront sur le marché du travail.
Sans réformes structurelles et sans application rigoureuse des lois existantes, une large part du potentiel de croissance mondiale restera inexploité.
Alexis Kalambry
Source : Banque Mondiale
Source : Mali Tribune
