Cette année, les fêtes de fin d’année, 25 et 31 décembre (Noël et Saint Sylvestre), se pointent à un moment pas du tout facile au Mali. A un moment où la pénurie de carburant et la vie se concurrencent chez le Malien.
Depuis un moment, ce n’est un secret pour personne, le Mali traverse une crise inédite d’hydrocarbures. Même si à un moment donné la situation s’était fortement améliorée, ces deux jours, force est d’admettre que la crise est de retour. Beaucoup de stations, pour ne pas dire la plupart, sont fermées. Celles qui sont ouvertes, les files d’attente battent le record.
Cette crise de carburant vient s’ajouter à une crise de vie chère qui avait secoué le monde à un moment où tout avait augmenté de prix. Les prix des denrées alimentaires ont un peu grimpé de partout. Le Mali n’est pas seul dans ce cas mais pour le Mali, c’est un autre cas. La vie chère a été suivie de crise d’électricité qui, à son tour, a fait ses dégâts. Perte d’emplois et fermeture d’entreprises.
C’est dans cette situation de pénurie et de cherté que les deux fêtes de fin d’année vont se passer. Le 25 décembre, fête de Noël est un grand événement pour la communauté chrétienne et elle ne se passe pas sans dépenses. Des achats d’habillement au moins pour les enfants et la préparation du jour de la fête. A quel saint se vouer pour les chefs de famille, cette année ?
Pour la fête du 31 décembre, une fête très mouvementée où les jeunes font des sorties et organisent des grandes soirées. Cette année, serait-il le cas ? Quid à voir si les stations seront approvisionnées d’ici la semaine prochaine. Quand même les deux fêtes s’annoncent difficilement. Sauf si on appliquait tous la solution : « De diminuer les sorties » ! Bonnes fêtes en attendant !
Koureichy Cissé
AMIDOU DIAMOUTENE, ELEVEUR DE POULET DE CHAIR
Le casse-tête de l’aliment volaille
Selon Amidou Diamouténé, éleveur de poulets de chair, le secteur avicole malien a été fortement perturbé cette année par la crise des aliments volaille. Cette crise a entraîné une hausse significative des coûts de production, impactant aussi bien la volaille que les œufs, avec des répercussions sur la sécurité alimentaire.
« Nourrir les poulets est devenu plus onéreux, ce qui se traduit par une augmentation des prix des œufs et de la viande de volaille. À cela s’ajoute la rareté des poussins sur le marché, conséquence directe de la crise du carburant », explique Amidou Diamoténé.
A son avis, l’absence de carburant a paralysé les couveuses et entraîné l’arrêt de la production de poussins. « Le poussin est devenu aujourd’hui très rare, voire introuvable », dit-il. « Pour couronner le tout, des maladies survenues entre janvier et mai ont décimé les poulaillers. L’importation des aliments volaille a été interrompue cette année pendant que plusieurs usines locales sont à l’arrêt faute de gasoil ».
Face à cette situation, certains éleveurs, dont lui-même, se sont tournés vers la production locale d’aliments. « Il nous faut seulement du concentré et du tourteau pour produire un bon aliment volaille », précise-t-il, ajoutant qu’il n’achète plus d’aliments sur le marché et ignore même leurs prix actuels.
Ibrahima Ndiaye
Source : Mali Tribune
