Focus : Mérite et sanctions

L’heure n’est plus aux atermoiements ni aux demi-mesures au sein de l’appareil d’État malien. Dans cette phase cruciale de Refondation où chaque décision engage l’avenir de la nation, les autorités de la Transition imposent désormais une gouvernance en mode «sans échec».

Ce virage stratégique repose sur une exigence de probité et de résultats qui ne tolère aucun compromis. À travers des actes d’une fermeté exemplaire, le sommet de l’État envoie un signal sans équivoque : le service de la patrie est un sacerdoce qui exige l’excellence absolue, et non un privilège protégé par des réseaux d’influence ou des complaisances de salon.

Le premier acte de cette rigueur retrouvée s’illustre par le cas de ce directeur dont le décret de nomination a été abrogé avant même son installation officielle. En agissant avec une telle célérité dès la révélation de ses «casseroles» – ces dossiers compromettants exhumés in extremis, le pouvoir démontre une vigilance chirurgicale. Plutôt que de s’enferrer dans une erreur de casting pour sauver les apparences, l’exécutif a fait le choix de l’éthique républicaine. Ce record de brièveté n’est pas un aveu de fébrilité, mais la preuve d’une capacité d’auto-épuration vitale. Désormais, l’intégrité n’est plus un vernis, mais le premier filtre de toute ascension au service du Mali.

Cependant, la redevabilité s’exerce désormais à tous les échelons, brisant le plafond de verre de l’impunité ministérielle. La sanction frappant le ministre ayant proposé cette nomination controversée marque une rupture historique. En faisant preuve de négligence dans le choix de ses collaborateurs, ce membre du gouvernement a failli à sa mission de gardien de l’autorité de l’État. Au plus haut niveau, la doctrine est limpide : celui qui nomme est le premier garant de l’honneur de celui qu’il propose. Cette sanction impose à chaque décideur une rigueur d’examen préalable dont personne ne pourra plus s’affranchir.

Parallèlement, le limogeage d’un second ministre pour son incapacité manifeste à défendre les intérêts vitaux du pays lors d’une conférence internationale majeure souligne l’obligation de compétence stratégique. Dans un contexte mondial où la souveraineté se gagne par la maîtrise des dossiers, le Mali ne peut s’offrir le luxe de l’impréparation. Chaque délégué doit être une sentinelle capable de rivaliser d’expertise avec les autres.

Ces faits convergents prouvent que le mérite et la sanction sont désormais les deux faces d’une même pièce, soudées par l’acier de la redevabilité. Cette gouvernance de rupture ne vise pas seulement à écarter des individus, mais à éradiquer un système de complaisance qui a trop longtemps atrophié l’État. En frappant au sommet, le message est d’une clarté absolue : aucun titre, aucun passé, aucune proximité ne constitue plus un bouclier contre l’exigence de résultats. Chaque serviteur de l’État marche désormais sur une ligne de crête : celle de l’excellence ou de l’oubli. La récréation est terminée, la Refondation, elle, se grave dans le marbre de la rigueur.

 

La Rédaction

Source: L’Aube

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