A l’instar de nombreux pays à travers le monde, le Mali a célébré hier, 8 mars, la Journée internationale de la femme.
Comme chaque année, la scène est bien rodée : pagnes flambant neufs, podiums dressés, discours soigneusement préparés et promesses généreusement distribuées. Pendant quelques heures, les femmes deviennent le centre de toutes les attentions.
Puis, le 9 mars arrive… et la vie reprend son cours.
Car au fond, le 8 mars, ce n’est pas seulement un pagne cousu à la hâte, ni un discours applaudi dans une salle climatisée. A l’origine, cette journée est née des luttes des femmes pour leurs droits : droit au travail, à la dignité, à l’égalité, à la reconnaissance de leur contribution à la société.
Mais chez nous, la journée ressemble parfois à une étrange cérémonie : on distribue des pagnes aux femmes comme pour leur dire « merci pour votre courage », tout en oubliant que ce courage s’exerce 365 jours par an.
Pendant que certaines dansent au rythme des fanfares officielles, la femme rurale, elle, n’a pas le luxe du protocole. Elle est déjà dans le champ, la daba à la main, ou sur la tête avec un fagot de bois ou un bidon d’eau. Son 8 mars se passe souvent sous le soleil, loin des tribunes.
A côté d’elle, la femme instruite, celle qui a eu la chance d’aller à l’école, se bat dans d’autres arènes : les bureaux, les écoles, les hôpitaux, les entreprises, parfois même dans les sphères de décision où elle doit encore prouver deux fois plus qu’un homme qu’elle mérite sa place.
Deux réalités, mais un même combat : celui de la reconnaissance et de l’égalité.
Alors oui, on peut porter le pagne du 8 mars avec fierté. Mais le véritable hommage aux femmes ne se mesure pas au nombre de pagnes distribués ni à la longueur des discours. Il se mesure à l’accès des filles à l’école, à la place des femmes dans les décisions, à la protection de leurs droits et à la reconnaissance de leur travail.
Le reste… ce sont des pagnes qui passent et des discours qui s’envolent.
Car la vraie question reste entière : le Mali célèbre-t-il les femmes, ou se contente-t-il simplement de les habiller une fois par an ?
Hamza Diallo
(Enseignant 1er cycle Kati)
Source : Arc en Ciel
