«Il y a la main de la France qui refuse sa défaite historique au Sahel» : les ONG nigériennes fustigent la résolution européenne sur Bazoum

Au Niger, les organisations de la société civile réunies au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES) ont manifesté leur indignation face à une résolution du Parlement européen exigeant la libération de l’ancien président Mohamed Bazoum, détenu depuis juillet 2023.

En plus de la condamnation officielle du Niger, des ONG, mais aussi des manifestants ont dénoncé une « instrumentalisation politique » de l’UE, accusée d’agir sous l’influence de la France en réclamant la libération du président déchu. Cette mobilisation traduit une ferme volonté de résistance aux pressions extérieures

Une « manœuvre néocoloniale »

Pour Abdourahamane Oumarou, porte-parole de la veille citoyenne, cette résolution cache une manœuvre néo-coloniale : « Derrière cette résolution, il y a la main de la France, qui refuse sa défaite historique au Sahel. Chassée militairement, rejetée politiquement, elle tente aujourd’hui de revenir par la pression diplomatique. Mais les peuples du Sahel ne sont plus dupes. »

Les militants ont rappelé que les partenaires occidentaux, présents depuis des années dans la région, n’ont jamais réussi à stabiliser le Sahel malgré des milliards d’euros dépensés. « Nos États ont engagé une nouvelle dynamique de souveraineté et de réconciliation. Il est inacceptable que des institutions extérieures veuillent nous dicter nos choix », a insisté Abdourahamane Oumarou.

Dans la capitale du Niger, les organisations de veille citoyenne de l’AES ont réaffirmé leur soutien au cadre confédéral et dénoncent une ingérence inacceptable et une attitude paternaliste.

De même, des mobilisations similaires ont été signalées à Ouagadougou et à Tahoua, où la veille citoyenne a organisé des marches pour dire « non à l’ingérence ».

Cette déclaration s’inscrit dans un mouvement plus large, alors que les trois pays membres de la Confédération des États du Sahel affichent une volonté unie de résister aux pressions extérieures et de défendre leur souveraineté retrouvée. Le capitaine Ibrahim Traoré, président en exercice de l’AES et chef de l’État burkinabè, avait également condamné les demandes européennes dans un communiqué publié le 19 mars.

Source : RT

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