Impératifs sécuritaires à Bamako : Après le Ramadan, les parcs à bétail délocalisés vers la périphérie

Les parcs à bétail installés dans plusieurs quartiers de Bamako seront-ils très prochainement transférés vers des sites aménagés à la périphérie de la capitale, notamment à Sanankoroba et dans d’autres localités environnantes ? En tout cas, tout porte à croire que c’est le cas.

Le gouverneur du district de Bamako lors d’une rencontre avec les responsables des organisations faîtières de vendeurs de bétail et les acteurs de la filière a laissé entendre cette hypothèse. Le gouverneur invoque des raisons de sécurité, les professionnels du secteur redoutent une hausse des prix des ruminants et de la viande.

Dans le cadre du renforcement des mesures de sécurité dans la capitale, les autorités du district de Bamako s’apprêtent à procéder au transfert des parcs à bétail actuellement installés dans plusieurs zones de la ville.

A cet effet, le gouverneur du district a récemment rencontré les présidents des organisations faîtières de la filière bétail, ainsi que des vendeurs et opérateurs économiques du secteur. Cette rencontre visait à échanger sur les modalités du futur transfert des marchés à bétail vers des sites situés hors de la capitale.

Au cours des échanges, les représentants des vendeurs de bétail ont exprimé plusieurs préoccupations, principalement liées à l’éloignement des nouveaux sites identifiés par les autorités.

Selon eux, le déplacement des parcs vers des localités situées à plusieurs kilomètres de Bamako pourrait avoir des répercussions sur les coûts de transport et de logistique. Une situation qui, à terme, pourrait entraîner une augmentation du prix des ruminants et, par ricochet, du prix de la viande sur les marchés de la capitale.

Les acteurs du secteur craignent également que l’éloignement des sites ne complique l’accès des acheteurs et des commerçants habituels, ce qui pourrait ralentir les transactions et affecter les revenus des vendeurs.

Les assurances du gouverneur

Face à ces inquiétudes, le gouverneur du district de Bamako a tenu à rassurer les professionnels de la filière. Il a indiqué que les préoccupations exprimées seront prises en compte et que des solutions appropriées seront recherchées afin de faciliter cette transition.

Selon lui, les sites retenus ont déjà fait l’objet d’aménagements permettant d’accueillir un grand nombre de vendeurs et de têtes de bétail. Il a toutefois précisé que certains travaux restent en cours, notamment l’aménagement des pistes d’accès menant aux nouveaux parcs.

D’après les autorités, ces travaux sont en phase de finalisation, ce qui devrait permettre une mise en service prochaine des nouveaux sites.

 

Un transfert envisagé après le Ramadan

Les vendeurs ont été rassurés qu’ils pourront continuer leurs activités sur les sites actuels jusqu’à la fin de la fête du Ramadan. Toutefois, ils ont été invités à se préparer au transfert qui devrait intervenir dans les jours ou semaines suivant cette période.

Le gouverneur a par ailleurs promis que l’administration apportera un « accompagnement » aux vendeurs lors du déplacement.

Cette décision s’inscrit également dans un contexte de renforcement des mesures de sécurité dans la capitale, notamment après l’attaque terroriste du Attaque terroriste du 17 septembre 2024 contre l’école de gendarmerie de Faladié.

A la suite de cet événement, le ministère de la Sécurité a entrepris plusieurs actions visant à sécuriser davantage les zones jugées sensibles, en particulier les abords des installations militaires et stratégiques.

Le démantèlement des parcs à bétail et d’autres installations informelles situées à proximité de ces sites fait ainsi partie des mesures envisagées pour réduire les risques d’infiltration et renforcer la surveillance dans la capitale.

Au-delà de la question sécuritaire, il faut dire cette action pourrait également améliorer l’organisation urbaine de Bamako, où la présence de grands parcs à bétail au cœur de la ville pose souvent des problèmes d’hygiène, de circulation et d’occupation de l’espace public.

Le transfert vers des zones périphériques pourrait ainsi contribuer à structurer davantage la filière bétail tout en réduisant la pression sur certains quartiers de la capitale.

Reste désormais à savoir si cette réforme, qui touche un secteur essentiel de l’économie locale et de l’approvisionnement alimentaire, parviendra à concilier les impératifs de sécurité, et les intérêts des acteurs de la filière.

Mohamed Keita

Source : Arc en Ciel

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