Le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Garde des Sceaux, Mamoudou Kassogué, a récemment apporté des précisions sur les poursuites judiciaires engagées contre certaines personnalités au Mali, estimant que plusieurs interprétations faites à l’extérieur du pays ne reflètent pas la réalité des procédures engagées par les autorités judiciaires.
Selon lui, les personnes poursuivies ne l’ont pas été en raison de leur statut de journaliste ou d’homme politique, mais pour des faits considérés comme des infractions à la loi pénale.
Des poursuites liées à des infractions, selon le ministre
Dans son intervention, le garde des Sceaux a indiqué que certaines personnes ont été incarcérées non pas pour leurs opinions ou leur activité professionnelle, mais pour des actes jugés contraires à la loi.
Il a expliqué que certaines personnalités auraient utilisé leur position politique ou médiatique pour commettre des infractions, notamment en incitant à la révolte ou en tenant des propos susceptibles de troubler l’ordre public.
Selon lui, il ne faudrait donc pas présenter ces situations comme des arrestations visant des journalistes ou des responsables politiques en raison de leurs fonctions.
L’apologie du terrorisme et l’incitation à la violence évoquées
Le ministre a également évoqué des cas où certaines personnes auraient tenu des propos d’encouragement ou de soutien à des groupes armés actifs dans le nord du pays.
Il estime que de tels discours, lorsqu’ils encouragent des actes violents ou soutiennent des organisations impliquées dans des activités terroristes, constituent des infractions graves.
Dans ce contexte, il considère que les personnes poursuivies doivent être jugées sur leurs actes et non sur leur statut.
La liberté d’expression encadrée par la loi
Le ministre de la Justice a par ailleurs rappelé que la liberté d’expression est reconnue au Mali, mais qu’elle doit s’exercer dans le respect des lois et règlements en vigueur.
Selon lui, aucun État n’accepte que la liberté d’expression soit utilisée pour appeler à la violence, menacer des responsables publics ou porter atteinte à la cohésion nationale.
Il a souligné que les citoyens peuvent exprimer leurs opinions librement, tant que ces expressions ne constituent pas des appels à la violence ou des menaces contre l’ordre public.
Une incompréhension avec certains partenaires internationaux
Le ministre estime enfin que certaines critiques émises par des acteurs internationaux reposent sur une mauvaise compréhension du contexte malien.
Il affirme que les autorités ne cherchent pas à restreindre les libertés, mais à faire respecter la loi face à des comportements jugés dangereux pour la stabilité du pays.
Selon lui, la lutte contre les discours incitant à la violence ou faisant l’apologie du terrorisme s’inscrit dans la responsabilité de l’État de préserver l’ordre public et la sécurité des citoyens.
Kémoko Diabaté
Source : Le PAYS
