Le 26 mars 2026 marque une date hautement symbolique dans l’histoire du Mali : 35 ans, jour pour jour, que le pays a fait le choix d’un mode de gouvernance fondé sur la démocratie.
Un idéal universellement reconnu comme l’un des systèmes politiques les plus civilisés et rationnels, parce qu’il repose sur la volonté libre et éclairée du peuple et organise, avec méthode, l’exercice du pouvoir.
Adopter la démocratie, c’est entrer dans le cercle des nations où le droit, le vote et la limitation des mandats constituent les piliers de la gouvernance. C’est aussi accepter une exigence nouvelle : celle de conjuguer développement économique et maturité institutionnelle. Car aujourd’hui, il ne suffit plus d’être un État en progrès ; il faut aussi être un État démocratique.
Dans son essence, la démocratie consacre la primauté de la majorité, dont la volonté s’impose à tous, y compris à l’État lui-même. Elle s’appuie sur une loi fondamentale qui définit les règles du jeu, encadre l’exercice du pouvoir et garantit les libertés fondamentales. Elle organise également la séparation des pouvoirs : un exécutif chargé de conduire les politiques publiques, un législatif qui contrôle et légifère, et un judiciaire qui veille au respect des lois.
Depuis 1991, le Mali s’est engagé sur ce chemin exigeant. Un parcours marqué par des avancées, mais aussi par des crises profondes. À plusieurs reprises, les institutions ont vacillé, parfois même été suspendues. Pourtant, malgré les turbulences, la nation malienne a toujours su se relever, portée par une culture politique profondément attachée aux principes démocratiques.
Aujourd’hui encore, cette démocratie est mise à rude épreuve. Elle fait face à de multiples défis : les dérives liées à l’ignorance et à la cupidité, l’indifférence d’une partie de la population, mais aussi des menaces plus structurelles comme l’extrémisme violent au nord, les tensions communautaires au centre, et les tentations autoritaires.
Dans ce contexte incertain, la démocratie malienne semble fragilisée, avec des institutions parfois en veille. Mais elle demeure vivante. Comme un phénix, elle porte en elle la capacité de renaître de ses cendres. Elle résiste aux crises, aux manipulations et aux divisions.
L’histoire du Mali nous enseigne que, quelles que soient les épreuves, l’aspiration à la liberté et à la justice finit toujours par triompher. La démocratie, bien qu’éprouvée, n’est pas éteinte. Elle est un combat permanent, une construction collective, une espérance.
Car, quelle que soit la longueur de la nuit, le jour finit toujours par se lever.
Lettre de Koureichy
Source : Mali Tribune
