L’ancien 1er adjoint au maire de la Commune II du district de Bamako, Fodié Salim Traoré, a comparu devant les magistrats de la chambre criminelle de la Cour d’appel de Bamako pour répondre des faits de faux, usage de faux et escroquerie.
L’audience s’est tenue le jeudi 19 février 2026. Le verdict, rendu le jeudi 26 février 2026, l’a reconnu coupable et l’a condamné à cinq ans d’emprisonnement assortis du sursis.
Courant 2019, Fodié Salim Traoré, alors 1er adjoint au maire de la Commune II, souhaitant acquérir des véhicules, est entré en contact avec Kalilou Kaba Diakité, à qui il a proposé cinq parcelles de 200 m2 situées à Souleymanebougou, en Commune I, ainsi que trois autres à Bougouba, en Commune II du district de Bamako. En échange, Kalilou Kaba Diakité lui a remis trois véhicules : une Hyundai Santa Fe (année 2019, couleur noire), une Kia (année 2019, couleur grise) et une Toyota Camry (année 2018, couleur gris clair). Il lui a également versé la somme de 2 millions de F CFA en espèces au titre des frais administratifs.
Quelques temps plus tard, la victime a découvert que les parcelles situées à Souleymanebougou appartenaient à des tiers. Informé, Fodié Salim Traoré lui a proposé neuf autres parcelles à Bougouba en guise de compensation. Il a ensuite établi et délivré à Kalilou Kaba Diakité des concessions urbaines à usage d’habitation portant les numéros 040, 042, 043, 044, 045, 046, 047 et 048, toutes datées du 15 mai 2020.
Le 1er octobre 2019, Fodié Salim Traoré avait signé, par ordre, en faveur de Kalilou Kaba Diakité, un contrat de bail n°0016/M.CII-DB relatif à la parcelle n°HVI sise à l’Hippodrome, zone commerciale. Trois jours plus tard, il a transformé ce bail en acte de vente contre un véhicule Toyota Highlander (année 2018, couleur grise), estimé à 32 millions de F CFA, ainsi qu’un montant de 3 620 000 F CFA en espèces.
Lorsque Kalilou Kaba Diakité a voulu entreprendre des travaux, d’autres personnes ont revendiqué des droits sur les mêmes parcelles, documents administratifs réguliers et antérieurs à l’appui. Il a alors saisi le procureur de la République près le Tribunal de grande instance de la Commune III du district de Bamako d’une plainte pour faux, usage de faux et escroquerie.
Le parquet spécialisé du Pôle économique et financier de Bamako a ouvert une information judiciaire, aboutissant à l’inculpation de Fodié Salim Traoré. Celui-ci a reconnu les faits à l’enquête préliminaire, à l’instruction et à la barre.
Dans son réquisitoire, le parquet a indiqué que l’ancien adjoint au maire, dans l’exercice de ses fonctions, avait violé la procédure pour délivrer de faux actes.
« Le foncier est devenu un véritable casse-tête parce que l’État ne contrôle pas les terres. Il est mis devant les faits accomplis, ces parcelles étant généralement délivrées par les chefs de villages ou de quartiers », a-t-il déclaré.
Le ministère public a requis sa culpabilité, tout en sollicitant des circonstances atténuantes. Après délibération, la chambre criminelle l’a condamné à cinq ans d’emprisonnement avec sursis.
Marie Dembélé
Source : Aujourd’hui-Mali
