Les réseaux sociaux constituent, depuis quelques années, un espace de promotion des droits de la femme. De nombreuses associations qui se sont assignées cette mission y présentent divers contenus visant à sensibiliser sur l’abandon des pratiques néfastes contre la gent féminine comme l’excision et d’autres violences physiques
L’association «La Femme en Moi» existe depuis 2018 sur ces plateformes digitales. À la date de février 2026, elle compte plus de 11.000 abonnés sur Facebook. Son chargée de communication et des relations publiques, Diahara Faskoye, explique que la mission de leur association consiste à mobiliser la communauté autour des questions liées aux droits des femmes et des filles et de contribuer à faire évoluer les mentalités en faveur de l’égalité des genres. Elle soutient que les réseaux sociaux constituent l’un des moyens les plus efficaces pour atteindre un public large et diversifié notamment les jeunes. Ces jeunes journalistes et communicantes qui composent «La Femme en Moi» ne regrettent pas d’avoir choisi ce canal. «Nos activités connaissent une grande portée. Nous enregistrons un engagement constant à travers les commentaires, les partages et les messages privés. Nos plateformes digitales nous permettent de créer un espace d’échanges. Nous constatons également un changement progressif dans les discours et les perceptions autour des droits des femmes», se réjouit-elle.
Leurs activités portent sur les campagnes digitales de sensibilisation, des sessions de formation en ligne et en présentiel, des plaidoyers, la production de contenus (articles, vidéos, visuels et podcasts). Diahara Faskoye indique qu’elles abordent les thématiques liées à l’épanouissement et au bien-être des femmes et des filles, notamment les Violences basées sur le genre (VBG), la santé sexuelle et reproductive, l’autonomisation économique, le leadership féminin. Y compris la lutte contre la désinformation et l’éducation des filles et l’égalité des chances.
Choisissant les réseaux sociaux, ces jeunes dames sont conscientes des défis à relever. La journaliste d’une vingtaine d’années, cite les risques liés au piratage, aux attaques et commentaires haineux. «Nous avions l’habitude de recevoir une vague de messages haineux après certaines publications sur les VBG. Des internautes minimisent la souffrance des survivantes, voire justifient certaines formes de violence. C’était difficile à gérer au début, mais ces comportements ont renforcé notre conviction de poursuivre le travail de sensibilisation, et depuis nous constatons un changement de mentalité de notre audience sur ces questions», avoue-t-elle avant de poursuivre que son association doit lutter aussi contre la désinformation, le cyberharcèlement, le manque de ressources pour produire du contenu de qualité de manière régulière et la pression liée à la visibilité et à la gestion de communauté.
En juin 2024, l’association El’Protect a lancé ses activités. Cette année, sa page Facebook totalise environ 1.400 abonnés contre 19.851 sur TikTok. Sa mission est de renforcer les compétences des adolescents et des jeunes, tout en veillant à leur bien-être dans les domaines de la santé, l’éducation et le numérique. Sa Coordinatrice Djélika Traoré explique qu’elle utilise les outils numériques et les réseaux sociaux comme leviers essentiels de plaidoyer en faveur des droits des filles et des femmes à travers plusieurs activités. Parmi lesquelles, les campagnes digitales de dénonciation des violations des droits, la création d’espaces d’expression sécurisés (safe spaces) pour les filles et les femmes, les sessions de formation sur le numérique et les actions de sensibilisation sur les droits en santé sexuelle et reproductive.
Djélika Traoré soutient que les réseaux sociaux représentent un outil pour transmettre l’information, un canal stratégique et incontournable puissant pour toucher les jeunes filles et les femmes, qui constituent leur principale cible. La consultante en Droits en santé sexuelle et reproductive (DSSR) et en plaidoyer communautaire affirme que El’Protect aborde principalement les sujets portant sur les DSSR, l’accès à une information fiable et adaptée sur la santé, l’hygiène menstruelle, la lutte contre les VBG, le leadership féminin et l’autonomisation. S’y ajoutent le renforcement de capacités (numérique, développement personnel, plaidoyer), le droit à l’éducation des filles vivant dans de conditions difficiles.
LIBÉRER LA PAROLE- Quant à Aminata Samassékou, elle est la coordinatrice nationale de Komunitas, un réseau de blogueurs maliens engagés dans la promotion d’un espace numérique responsable et inclusif. Elle explique que son réseau produit des contenus éducatifs, des portraits de femmes inspirantes, des espaces de discussion en ligne (lives, Twitter Spaces, panels digitaux) et des campagnes contre les VBG et le cyberharcèlement. «Nous utilisons nos plateformes pour amplifier les initiatives locales portées par des femmes et déconstruire certains stéréotypes ancrés dans la société», fait-elle savoir.
La communicante de formation et spécialiste en stratégie digitale et plaidoyer argumente que les réseaux sociaux sont aujourd’hui l’agora moderne qui permettent d’atteindre massivement les jeunes, notamment les jeunes filles. C’est également, poursuit-elle, des moyens de contourner des blocages institutionnels, donner directement la parole aux premières concernées et de créer un débat public plus horizontal. Au Mali, résume-t-elle, le numérique est devenu un véritable espace d’influence.
En plus des thématiques susmentionnées, Komunitas, avec une communauté de plus de 4.000 internautes, touche à l’éducation aux médias pour les jeunes filles, la participation politique et citoyenne des femmes. Ces associations tirent des avantages de l’utilisation des réseaux sociaux à travers un combat en faveur de la promotion des droits de la femme. C’est pour dire à quel point chaque internaute peut se servir de ces plateformes digitales pour défendre une cause noble et réaliser son projet.
Mohamed DIAWARA
Source : L’Essor
