Pendant le mois de ramadan, de nombreuses femmes poursuivent leurs activités professionnelles tout en observant le jeûne. Entre foi, responsabilités familiales, fatigue, adaptation des horaires de travail, chacune développe sa propre stratégie pour tenir jusqu’à la rupture. Elles s’expriment dans ce micro-trottoir.
Aïssata Traoré (commerçante au Grand marché de Bamako) :
« Ce n’est pas facile, surtout avec la chaleur. Je me lève très tôt pour préparer et nettoyer la maison avant d’aller au marché. Le matin, j’essaie de vendre le plus possible, parce que dans l’après-midi la fatigue se fait sentir. C’est plus difficile durant les premiers jours du ramadan. Je ferme un peu plus tôt et je rentre à la maison me reposer pour pouvoir tenir jusqu’au soir ».
Mariam Coulibaly (enseignante) :
« Enseigner pendant le mois de ramadan demande beaucoup d’organisation. Je prépare mes cours en avance, souvent la nuit ou très tôt le matin. En classe, j’essaie d’être patiente et de garder le même rythme avec les élèves, même si la fatigue se fait sentir. Je privilégie les explications claires pour éviter de trop parler. Après les cours, je me repose pour reprendre les corrections plus tard. Le soutien des collègues et la compréhension des élèves et de ma famille m’aident beaucoup à tenir jusqu’à la fin du mois ».
Fatoumata Koné (femme au foyer) :
« Je commence le travail très tôt, juste après la prière du matin. Les gros travaux comme le ménage et la lessive sont faits avant midi. A partir de midi, je me repose un peu quand c’est possible. Je reprends ensuite les travaux du soir consacrés à la préparation des repas de rupture du jeûne. Je mange bien à la rupture et boit beaucoup d’eau. Cela m’aide à tenir ».
Rokia Diarra (couturière à Kalabancoura) :
« Pendant le mois de ramadan, je prends moins de commandes. Je préfère travailler calmement et sûrement afin d’éviter l’épuisement. Les clientes comprennent en général, surtout celles qui jeûnent. Je travaille surtout le matin et un peu le soir après la rupture, quand je retrouve de l’énergie ».
Bagnini (vendeuse de nourriture à Hamdallaye) :
« Je continue de cuisiner même quand je jeûne. Ce n’est pas facile tous les jours, sentir la nourriture et travailler près du feu demande beaucoup de patience. Je m’organise en préparant certaines choses la nuit. Ce travail est difficile, mais c’est ce qui fait vivre ma famille, donc je m’arrange ».
Propos recueillis par
Souaré Coulibaly
(stagiaire
Source : Mali Tribune
