Reprise du procès de l’affaire Paramount et Embraer ce mercredi sans les éléments de réponse de la société Paramount Va-t-on recommencer les débats ou délibérer sur la culpabilité ?

Le procès de l’affaire Paramount et Embraer, suspendu pendant deux mois pour « complément d’information », a officiellement repris le lundi 23 mars 2026 devant la Chambre criminelle du Pôle national économique et financier.

Cependant, dès l’ouverture de l’audience, celle-ci a été ajournée au mercredi 25 mars 2026. Ce délai vise à permettre aux avocats de la défense d’analyser les documents récemment obtenus, notamment le procès-verbal de l’audition du contrôleur général du service public et une lettre envoyée à la direction de la société Paramount. La lettre demande un état exhaustif des paiements effectués par l’État malien à cette société dans le cadre de l’accord crédit-fournisseur et de son avenant signé le 23 novembre 2015.

Pour mémoire, ce procès avait débuté le 22 décembre 2025 avant de connaître un premier report au 6 février 2026, date à laquelle le tribunal allait délibérer sur la culpabilité des accusés. Ce renvoi avait été décidé pour intégrer des éléments supplémentaires, tels que l’audition du contrôleur général concernant l’exécution budgétaire en lien avec les contrats Paramount et Embraer. Il avait également été demandé au groupe Paramount de fournir un récapitulatif précis des paiements perçus.

Lors de la reprise du 23 mars, le président de la Chambre criminelle, le magistrat Samba Tamboura, a précisé que si le contrôleur général du service public avait bien été entendu, en revanche, aucune réponse n’a été reçue de la société Paramount concernant la lettre envoyée par la Chambre criminelle. Des copies des documents relatifs à l’audition et à la correspondance ont été transmises aux avocats présents.

Ces derniers en ont profité pour soumettre une demande de mise en liberté provisoire pour quatre hauts responsables militaires : le Général Moustapha Drabo, ancien directeur du matériel et des transports des armées ; le Général M’Bemba Moussa Keita, ancien chef d’État-major général des armées ; le Général Souleymane Bamba, ancien chef d’État-major de l’Armée de l’Air ; et le Colonel Abdoul Wahab Touré, ancien DFM au ministère de la Défense. Ils ont notamment invoqué une détention provisoire dépassant la durée légale de trois ans, leurs clients étant incarcérés depuis près de quatre ans. Les avocats ont estimé que cette détention prolongée n’était pas justifiée.

Le ministère public a riposté en qualifiant cette requête d’inopportune, arguant que le procès était sur le point d’être conclu. Il a également rappelé que selon les dispositions du nouveau Code de procédure pénale, la durée maximale de détention provisoire est désormais étendue à cinq ans.

Par ailleurs, les avocats ont critiqué la procédure adoptée pour envoyer la correspondance à Paramount. Selon eux, la Chambre aurait dû passer par le ministère malien de la Défense et des anciens combattants, en collaboration avec celui des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, étant donné qu’il s’agissait d’une société étrangère. Au lieu de cela, la missive a été adressée via la Cour suprême, ce qui pourrait expliquer l’absence de réponse de Paramount.

Après une heure d’échanges, la Chambre criminelle a délibéré et rejeté la demande de libération provisoire des quatre accusés. Toutefois, elle a allégé les conditions liées aux autres accusés non détenus, leur permettant de se présenter directement le jour de l’audience au lieu de la veille.

Le procès reprendra donc le mercredi 25 mars 2026, laissant aux avocats le temps nécessaire pour étudier les pièces récemment mises à disposition. Il convient de noter que parmi les 18 accusés impliqués dans cette affaire sur l’acquisition d’équipements militaires, seuls 13 étaient présents à l’audience. Cinq individus cités dans la procédure, parmi lesquels Tiéman Hubert Coulibaly, Mamadou Igor Diarra, Boubou Cissé et Babali Bah, n’ont pas répondu aux convocations judiciaires.

 

Fousseyni Sissoko

Source : Notre Voie

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