Tombouctou : Un gros coup porté aux terroristes

Dans une offensive d’envergure menée du 1er au 3 avril 2026, les Forces Armées Maliennes (FAMa) ont porté une estocade décisive aux réseaux terroristes gravitant dans la région de Tombouctou. Cette opération de sécurisation, couvrant un triangle stratégique entre Bintagougou, Lerneb et Raselma, s’est soldée par la neutralisation de plusieurs assaillants et la saisie d’un important arsenal logistique.

Sous l’impulsion du Colonel Seydou B. Niangado, chef du Secteur 3 de l’opération «Dougoukoloko», les détachements maliens ont déployé un dispositif interarmes pour ratisser une zone réputée complexe. Pendant 72 heures, la pression militaire a été constante, visant à déloger les Groupes Armés Terroristes (GAT) de leurs bases arrières et à couper leurs lignes d’approvisionnement.

Le bilan opérationnel témoigne de l’intensité des combats et de la précision des renseignements : outre la neutralisation de plusieurs éléments terroristes, les FAMa ont mis la main sur un convoi logistique névralgique. Ce dernier se composait de deux camions lourdement chargés, transportant des motos de type KTM Sanili (moteurs encore en caisse) et des réserves massives de carburant. Ces vecteurs de mobilité, essentiels aux GAT pour mener des raids rapides et s’évanouir dans le désert, représentent une perte sèche pour leur capacité de projection.

Au-delà de la logistique, l’opération a permis une victoire symbolique majeure : la récupération d’un véhicule des FAMa, capturé par l’ennemi lors de la sanglante attaque de Soumpi en 2018. Sa réappropriation, huit ans plus tard, illustre la détermination de l’armée malienne à ne laisser aucun territoire, ni aucun matériel, aux mains des groupes obscurantistes. Des équipements de communication sophistiqués ont également été saisis, offrant potentiellement de nouvelles pistes pour le renseignement militaire.

La progression des troupes n’a pas été sans risques. Le Lieutenant Falikè Koussou Diarra a révélé que les unités ont été confrontées à une multiplication de pièges par Engins Explosifs Improvisés (EEI). Ces dispositifs de la mort, lâchement dissimulés jusque dans des échoppes de villages, visaient à stopper l’avance des FAMa et à terroriser les civils. «Grâce au sang-froid et à l’expertise pointue de nos équipes de déminage, chaque menace a été neutralisée sans incident, sécurisant ainsi le passage pour nos troupes et pour les populations locales», a précisé l’officier.

Un verrouillage hermétique : «La pression ne faiblira pas»

Sur le terrain, la stratégie est claire : l’asphyxie totale de l’ennemi. Le Colonel Cheick Abdoul Kader Diarra, chef des opérations du secteur, a détaillé l’ampleur de la patrouille, qui a rayonné sur 160 km pour sécuriser les zones Est et Sud-Ouest de Tombouctou. Il a martelé que chaque manœuvre s’est effectuée dans le strict respect des règles d’engagement, une priorité pour maintenir le lien de confiance entre l’armée et les populations.

Pour le Colonel Seydou B. Niangado, cette mission n’est qu’une étape dans un plan plus vaste : «Nous poursuivrons ces opérations de sécurisation sans répit, au grand dam des terroristes et de leurs soutiens. Notre objectif est l’anéantissement total de la menace sur l’ensemble du Secteur 3».

Avec l’opération «Dougoukoloko», les FAMa réaffirment leur souveraineté sur les sables de Tombouctou, envoyant un signal de fermeté à ceux qui tentent de déstabiliser la région.

M. Sylla

Source : L’Aube

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