Dans une interview accordée au journal Notre Voie, le Président de la Fédération malienne des jeux d’échecs, M. Youssouf Maïga, revient sur la première édition des Jeux AES d’échecs, prévue à Bamako et la participation d’une délégation russe.
Notre Voie : Pouvez-vous présenter brièvement le tournoi AES prévu au Mali et nous dire quand il se tient ?
Youssouf Maïga : Le Mali organise la première édition du Tournoi international d’échecs de l’Alliance des États du Sahel (AES). Il se tiendra du 11 au 17 mai 2026 à Bamako, à l’Hôtel de l’Amitié. Cette compétition réunira les équipes nationales du Mali, du Burkina Faso et du Niger, ainsi qu’une délégation internationale de la région de Moscou, marquant ainsi une ouverture vers des partenariats stratégiques. L’événement est placé sous le haut parrainage de Son Excellence le Président de la Transition, le Général d’Armée Assimi Goïta.
Notre Voie : Quels sont les objectifs principaux de ce tournoi ?
Youssouf Maïga : Les objectifs sont à la fois sportifs, éducatifs et institutionnels. Il s’agit d’organiser une compétition internationale de haut niveau, de renforcer la coopération entre les pays de l’AES, de promouvoir les échecs comme outil d’éducation et de formation stratégique, et de préparer nos joueurs aux grandes échéances internationales, notamment les Olympiades de 2026 prévues à Samarcande, en Ouzbékistan. Nous ambitionnons également de créer la Confédération des échecs de l’AES et de favoriser les échanges techniques avec des experts internationaux.
Notre Voie : D’autres pays seront-ils invités et combien de joueurs sont attendus ?
Youssouf Maïga : Oui, cette édition intègre une dimension internationale avec la participation d’une équipe de la région de Moscou. Au total, quatre équipes mixtes seront en lice : Mali, Burkina Faso, Niger et région de Moscou, soit environ 20 joueurs de haut niveau, à raison de cinq par équipe. À cela s’ajoutent des arbitres, encadreurs, officiels, ainsi que des participants à l’Assemblée générale constitutive de la Confédération des échecs de l’AES et des experts internationaux.
Notre Voie : Le Mali dispose-t-il de joueurs capables de rivaliser à ce niveau ?
Youssouf Maïga : Absolument. Le niveau des joueurs maliens est en nette progression, avec des performances encourageantes sur les scènes régionale et internationale. Un fait marquant en témoigne : une médaille d’or remportée récemment dans la catégorie senior lors du Festival international de la Couronne d’échecs de Russie à Moscou, face à près de 500 participants venus d’une vingtaine de pays. Cela démontre le potentiel réel du Mali.
Notre Voie : Vous revenez de Russie avec une médaille, pouvez-vous nous en dire davantage ?
Youssouf Maïga : Il s’agit en effet d’une performance exceptionnelle. Remporter une médaille d’or en Russie, considérée comme l’une des grandes nations des échecs, n’est pas donné à tout le monde. Cette distinction, obtenue lors du Festival international de la Couronne d’échecs tenu du 17 au 28 février 2026 à Moscou, est dédiée au peuple malien. Elle valorise notre pays sur la scène internationale, témoigne du travail accompli au plan national et renforce la crédibilité de l’organisation de ce tournoi AES.
Notre Voie : Quel dispositif organisationnel avez-vous mis en place ?
Youssouf Maïga : Un Comité national d’organisation restreint est en cours de formalisation. Il regroupe le ministère de la Jeunesse et des Sports chargé de l’Instruction civique et de la Construction citoyenne, la Direction nationale des Sports et de l’Éducation physique, le Comité national olympique et sportif du Mali, ainsi que la Fédération malienne des échecs. Ses missions portent sur la coordination générale, la logistique, l’organisation technique selon les normes internationales, la mobilisation des partenaires et la communication.
Notre Voie : Quels sont les partenaires qui accompagnent cet événement ?
Youssouf Maïga : L’événement bénéficie de l’appui de l’État malien, du ministère en charge des Sports, des fédérations d’échecs du Burkina Faso et du Niger, ainsi que de la Fédération d’échecs de la région de Moscou, présidée par le Grand Maître et sénateur Sergueï Karyakin. Les instances sportives nationales, notamment le CNOSM et la DNSEP, sont également mobilisées. D’autres partenariats techniques et institutionnels internationaux sont en cours de consolidation.
Notre Voie : Quelles retombées attendez-vous pour le développement des échecs au Mali ?
Youssouf Maïga : Les retombées seront structurantes : amélioration du niveau technique des joueurs, transfert de compétences à travers la formation internationale, création de la Confédération AES des échecs, meilleure structuration de la discipline et visibilité accrue du Mali à l’international. Notre ambition est de faire du pays un hub régional des échecs.
Notre Voie : Ce tournoi peut-il susciter davantage d’intérêt chez les jeunes maliens ?
Youssouf Maïga : Sans aucun doute. Les échecs constituent un levier important pour le développement intellectuel, la discipline, la citoyenneté et la réflexion stratégique. Cet événement offrira aux jeunes des modèles de réussite et contribuera à démocratiser la pratique. Dans le cadre du plan stratégique 2025-2029 de la FEMADE, un programme d’introduction des échecs dans les écoles vise à terme près de 200 000 enfants. Par ailleurs, la partie russe prévoit l’ouverture prochaine d’une école d’échecs à Bamako et la traduction d’ouvrages de référence, ce qui renforcera considérablement cette dynamique.
Notre Voie : Quel message adressez-vous au public ?
Youssouf Maïga : Nous invitons l’ensemble des Maliens à se mobiliser autour de cet événement d’envergure internationale qui verra la participation de hautes personnalités, notamment le président de la Fédération internationale des échecs, Arkady Dvorkovich, la présidente de la Confédération africaine des échecs, Tshepiso Lopang et le Grand Maître Sergueï Karyakin. Ce tournoi est à la fois une vitrine du savoir-faire national, un symbole de coopération régionale et une opportunité pour la jeunesse. Nous donnons rendez-vous au public du 11 au 17 mai 2026 pour en être témoin.
Interview réalisée par Fousseyni SISSOKO
Source : Notre Voie
