Emprunter la route nationale 16 (RN16) entre Gao et Sévaré, axe vital reliant le Nord et le Sud du Mali, est devenu une épreuve périlleuse en raison d’une insécurité extrême et d’une dégradation avancée de la chaussée, selon le témoignage de voyageurs.
Le trajet, qui peut désormais durer jusqu’à quatre jours au lieu de deux jours, expose les usagers à des risques constants. La portion Gao-Gossi-Hombori est particulièrement redoutée, où les voyageurs sont régulièrement victimes de rackets et de violences de la part d’éléments armés.
Les passagers sont fréquemment contraints de payer pour poursuivre leur route. «Les voyageurs sont régulièrement victimes de rackets, de violences physiques et de menaces armées. À plusieurs points de cette portion, ils sont contraints de verser une rançon pour continuer leur route», indique un témoignage. Les montants extorqués varieraient entre 5.000 et 15.000 Fcfa par personne.
Dans les cas les plus graves, les individus sont entièrement dépouillés de leurs biens, battus, et parfois blessés par des tirs d’intimidation.
Au danger sécuritaire, s’ajoute l’état catastrophique de la seule route goudronnée de la région, dont le revêtement a disparu par endroits, obligeant à des déviations risquées. Dans les localités traversées comme Gossi, Hombori ou Douentza, les populations, décrites comme démoralisées, survivent dans un isolement partiel, compensant l’absence de réseau mobile par des connexions Wi-Fi payantes.
Malgré ce chaos, le rôle des chauffeurs est salué pour leur sérénité, leur connaissance du terrain et leur capacité à éviter le pire, permettant à une forme de vie et de résilience de persister le long de cet axe.
Moussa H. MAÏGA
Amap-Ansongo
Source : L’Essor
