L’échéance de 2026 s’inscrit dans un contexte particulier où la transparence est le maître-mot. Les instances faîtières que sont la FIFA et la CAF ont les yeux rivés sur Bamako.
Après des années de soubresauts administratifs et de crises de gouvernance, la feuille de route imposée par Zurich et Le Caire est claire : le processus doit être exempt de toute immixtion politique.
L’indépendance de la commission électorale est le premier verrou de cette crédibilité retrouvée, indispensable pour que le vainqueur du 16 avril puisse bénéficier d’une légitimité incontestée sur le plan international. C’est dire tout le travail bien fait attendu au résultat par le staff de l’actuel secrétaire général Sidi Bekaye Magassa, ancien arbitre international, chargé d’expédier les affaires courantes et du processus de renouvellement, sous égide de la CAF et de la FIFA.
Ces deux instances qui suivent de très près les activités des fédérations à travers le monde et qui ont encadré la tenue de l’Assemblée générale extraordinaire élective du 16 avril 2026, ne cautionnent nullement les ingérences politiques dans le déroulement des scrutins sportifs.
Le rappel à l’ordre des textes : l’autonomie, une règle d’or
Le débat actuel ne saurait occulter la rigueur des cadres réglementaires qui régissent le football moderne. La FIFA, la CAF et la FEMAFOOT elle-même disposent de garde-fous clairs contre toute influence indue.
L’article 14, alinéa 1, point i) des Statuts de la FIFA est sans équivoque : les associations membres ont l’obligation de «diriger leurs affaires en toute indépendance et veiller à ce qu’aucun tiers ne s’immisce dans leurs affaires».
Cette disposition est renforcée par l’article 19 des mêmes statuts, qui stipule que chaque association membre doit être administrée de manière indépendante, sous peine de sanctions, même si l’influence d’un tiers n’est pas de la faute de l’association membre. Au niveau continental, les Statuts de la CAF s’alignent strictement sur cette doctrine. Quant aux propres textes de la FEMAFOOT, ils consacrent l’indépendance de la Commission électorale, seule instance habilitée à piloter le processus sans injonction extérieure. Toute tentative du département des Sports de peser sur le choix des délégués ou sur l’issue du scrutin constituerait une violation directe de cette souveraineté sportive.
Il est crucial donc de rappeler que la FIFA et la CAF ne tolèrent aucune zone d’ombre. Leur implication dans l’organisation de cette élection du 16 avril vise précisément à garantir la transparence. Une ingérence avérée ne serait pas seulement une entorse éthique, mais un acte de sabotage à l’encontre des efforts de normalisation soutenus par les autorités du football mondial. Si une immixtion des pouvoirs publics venait à être établie, les conséquences pour le pays seraient catastrophiques. La jurisprudence internationale montre que la FIFA n’hésiterait pas à suspendre les fédérations dites «sous influence». Et si d’aventure une telle suspension était actée, elle entraînerait de facto l’exclusion immédiate des équipes nationales et des clubs maliens des compétitions internationales (CAN, Coupe du monde, Ligue des champions de la CAF). Elle gèlerait également les programmes de développement et les financements. Pire encore, elle pourrait conduire à la dissolution de la Femafoot et à la nomination d’un nouveau Comité de normalisation (CONOR), prolongeant ainsi l’instabilité du football malien pour plusieurs années.
L’élection à venir représente une chance historique de stabiliser les instances fédérales sous l’égide de la légalité. Pour réussir ce pari, le processus doit rester strictement entre les mains de la famille du football. Les regards des observateurs internationaux sont désormais braqués sur Bamako. Le respect scrupuleux des textes réglementaires est l’unique voie pour écarter le spectre des sanctions et offrir au Mali le renouveau sportif qu’il mérite. Le sport malien n’a pas besoin d’un nouveau bras de fer, mais d’une gouvernance vertueuse, élue en toute transparence et sans aucune immixtion.
- SANOGO
Source : L’Aube
