Ambassade du Mali à Luanda: Plus de 61 millions FCFA disparus

Le rapport du Bureau du Vérificateur Général (BVG) sur la gestion de l’Ambassade du Mali à Luanda, en République d’Angola, révèle une succession de graves irrégularités financières qui éclaboussent la représentation diplomatique malienne. Entre rémunérations versées à un agent déjà admis à la retraite, avantages indus et dépenses personnelles réglées sur les fonds de l’État, le préjudice non régularisé atteint plus de 61 millions FCFA (61 841 306 F).

La vérification à la chancellerie du Mali à Luanda, couvrant les exercices  2023, 2024, 2025 et 2026 (31 mars), met particulièrement en cause le Chargé d’Affaires de l’Ambassade et le Secrétaire Agent Comptable  (SAC). Le constat le plus accablant épingle une dame au poste de Secrétaire Agent Comptable, nommée  le 13 décembre 2019. Alors que son décret de nomination a été abrogé en octobre 2024, qu’elle a été officiellement invitée à quitter son poste et qu’elle a été admise à la retraite à compter du 1er janvier 2025, elle est restée en fonction à Luanda. Malgré son statut de retraitée confirmé par le rejet de sa demande de régularisation salariale par le Bureau Central de la Solde, elle a continué à percevoir des rémunérations financées par les recettes propres de l’Ambassade. Le montant des salaires irrégulièrement versés s’élève à 39 085 716 FCFA, auxquels s’ajoutent 15 329 830 FCFA d’avantages indus, notamment des frais de logement et des dépenses médicales. Au total, 54 415 546 FCFA ont été versés sans base légale.

A en croire le rapport du BVG, ces paiements ont été ordonnés par le Chargé d’Affaires, qui assure les fonctions d’ordonnateur des dépenses. Les révélations ne s’arrêtent pas là. Les limiers du vérificateur ont découvert que la Secrétaire Agent Comptable avait utilisé les ressources de l’Ambassade pour financer des achats personnels : bijoux, vêtements, appareils électroménagers, fournitures scolaires et jeux pour enfants. Plus surprenant encore, ces dépenses ont été imputées sur une ligne budgétaire destinée aux dépenses… d’électricité. Le montant de ces achats personnels s’élève à 4 725 500 FCFA. Après la transmission du rapport provisoire, cette somme a été remboursée.

Cependant, d’autres dépenses irrégulières demeurent sans justification. Elles concernent notamment l’acquisition de meubles, de produits alimentaires, de fournitures diverses, de produits d’entretien et de matériels informatiques, pour un montant de 7 425 760 FCFA. Les pièces justificatives de ces dépenses ne portent pas les autorisations réglementaires requises.

 

Face à la gravité des faits, le Vérificateur Général a décidé de transmettre le dossier au Président de la Section des Comptes de la Cour suprême ainsi qu’au Procureur de la République près le Pôle national économique et financier.

 

La dénonciation porte sur deux principaux volets, notamment le paiement de rémunérations et d’avantages indus pour 54 415 546 FCFA et le paiement de dépenses irrégulières pour 7 425 760 FCFA. Ce nouveau rapport du BVG met une fois de plus en lumière de sérieuses défaillances dans la gestion des ressources publiques et rappelle que les représentations diplomatiques ne sont pas à l’abri du contrôle des finances publiques.

 

Adama Coulibaly

Source : Le Nouveau Réveil

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