De Bamako à Sevaré : Un voyage entre découverte et insécurité

Prévu depuis plusieurs jours, le voyage en car de Bamako à Sévaré s’est déroulé dans une atmosphère mêlant curiosité et appréhension. La veille, les billets avaient été réservés auprès de la compagnie DC Transport, fixant le départ à 4 heures du matin pour un coût de 14 000 F CFA.

Dès 3 heures, les voyageurs se pressaient à la gare : certains allongés sur des nattes, d’autres en mouvement discret. L’enregistrement des bagages débuta à 3h30, suivi de l’embarquement. Les cars étaient répartis selon les destinations Koro, Bankass, Bandiagara, Sévaré et les passagers installés selon l’usage : les femmes à l’arrière, les hommes à l’avant.

Vers 6 heures, le car atteignit le poste de contrôle de Ségou. Les agents procédèrent au contrôle des pièces d’identité, tandis que des vendeurs insistaient pour écouler leurs marchandises. Plus tard, une altercation éclata entre une passagère et un apprenti autour du paiement des bagages, révélant la tension qui peut surgir dans ces trajets.

À 9 heures, dans un village abritant un camp militaire, les passagers furent contraints de descendre pour une fouille complète du car. Chacun dut marcher jusqu’à la sortie du village avant de regagner sa place. Pour beaucoup, ce contrôle renforça le sentiment d’insécurité, surtout pour ceux qui y assistaient pour la première fois.

À San, un autre poste de contrôle permit aux voyageurs de souffler et de se ravitailler en fruits et œufs. Mais entre San et Sévaré, la route devint plus inquiétante : ralentissements brusques, véhicules brûlés aperçus sur le bas-côté, passagers debout scrutant l’horizon. La fatigue et la peur s’entremêlaient, accentuant l’incertitude du trajet.

Après plusieurs heures de route, le car atteignit enfin Sévaré. Les bagages furent déchargés et les passagers retrouvèrent leurs proches. L’accueil chaleureux d’une famille, un repas partagé et le repos bien mérité vinrent apaiser les tensions accumulées.

Ce voyage ne fut pas seulement un déplacement géographique. Il révéla la réalité des trajets interurbains au Mali : la précarité des conditions de transport, l’omniprésence des contrôles sécuritaires et la peur latente des voyageurs. Entre découvertes et inquiétudes, chaque kilomètre portait une histoire, chaque passager ses espoirs et ses craintes.

Marie Augustine Togo

(Stagiaire)

Source: Mali Tribune

Laisser un commentaire