Dépôt d’ordures sur la Colline du Savoir : des nuisances qui perturbent les études et menacent la santé

Situé sur la Colline du Savoir à Bamako, le dépôt d’ordures est devenu au fil des années une importante source de nuisances pour les étudiants, les riverains et les établissements scolaires environnants. Entre fumées toxiques, mauvaises odeurs et risques sanitaires, la situation suscite de vives inquiétudes.

Un quotidien difficile pour les étudiants

Chaque fois que les déchets sont brûlés, un épais nuage de fumée envahit les campus universitaires et les quartiers voisins. Cette situation affecte directement les conditions d’apprentissage des étudiants.

« Nous sommes en permanence obligés de porter des cache-nez. Les ordures sont néfastes pour nous, tant sur le plan sanitaire qu’environnemental », témoigne M. Ballo, étudiant dans l’une des facultés situées sur la Colline du Savoir.

Selon plusieurs étudiants, les fumées provoquent régulièrement des cas de rhume, d’asthme et d’autres problèmes respiratoires. Dans certains cas, les cours sont même perturbés ou suspendus à cause des odeurs nauséabondes.

Un manque criant de dépôts de transit

Pour M. Sidibé, spécialiste des questions d’assainissement, Bamako est confrontée depuis plus d’une décennie à un déficit important de dépôts de transit.

« Ces infrastructures sont essentielles dans le système de gestion des déchets. Elles permettent de recevoir temporairement les ordures avant leur évacuation vers les sites définitifs. En principe, chaque quartier et chaque commune devraient disposer de leur propre dépôt de transit », explique-t-il.

Selon lui, l’insuffisance de ces espaces complique considérablement le travail des acteurs de la collecte et contribue à l’aggravation de l’insalubrité dans la capitale.

Un site devenu un problème de santé publique

D’après Adama Konaté, représentant de la mairie de la Commune V du District de Bamako, le site concerné était à l’origine un profond fossé que les autorités communales avaient entrepris de combler.

« L’objectif était de remblayer cet espace puis de le restaurer avec de la latérite et de la végétation. Par la suite, dans le cadre de la réorganisation de la gestion des déchets, les dépôts d’ordures ont été déplacés vers ce site », explique-t-il.

Cependant, la situation a rapidement dépassé les capacités de gestion de la commune.

« Aujourd’hui, ce dépôt constitue un véritable problème de santé publique », reconnaît-il.

Des conséquences environnementales et sociales préoccupantes

Lors de notre passage sur les lieux, de la fumée s’échappait encore du dépôt d’ordures. Selon les habitants, ces émissions sont fréquentes et contribuent à la dégradation de l’environnement.

« Il s’agit théoriquement d’un dépôt de transit, mais dans les faits, il est devenu une décharge à ciel ouvert. Les déchets y sont déversés sans organisation, ce qui entraîne une forte pollution, notamment à cause des fumées », déplore un riverain.

Les écoles et universités situées à proximité sont particulièrement touchées. Les mouches, les odeurs persistantes et les problèmes d’hygiène compliquent le travail des enseignants et les conditions d’étude des élèves et étudiants.

« Les universités et les écoles environnantes souffrent énormément. Les odeurs nauséabondes, les fumées toxiques et l’encombrement des voies constituent les principales difficultés », confirme Adama Konaté.

Des initiatives engagées, mais des résultats limités

Face à cette situation, plusieurs actions ont été entreprises ces dernières années. Une commission de gestion des déchets a notamment été mise en place entre 2021 et 2022, réunissant les autorités communales, les responsables d’établissements scolaires, les représentants des élèves et étudiants ainsi que les récupérateurs de déchets.

La mairie a également collaboré avec une ONG spécialisée dans le recyclage des déchets plastiques. Toutefois, un incendie a détruit les installations mises en place.

En 2023, un entrepreneur privé avait également lancé des opérations d’évacuation progressive du dépôt, mais ces efforts n’ont pas permis de résoudre durablement le problème.

Plus récemment, une concertation a réuni l’Université du Mali, les établissements privés, les élèves, les récupérateurs et les transporteurs de déchets afin d’identifier des solutions aux problèmes de fumée et d’odeurs.

L’évacuation du dépôt comme solution prioritaire

Pour Adama Konaté, la solution la plus efficace reste l’évacuation complète du dépôt suivie de la réhabilitation du site.

« L’État, à travers les services techniques compétents, doit interdire définitivement le dépôt d’ordures sur ce site et veiller au respect strict de cette mesure. Cela implique également la création de nouveaux dépôts de transit conformes dans d’autres zones », estime-t-il.

Selon lui, cette démarche nécessite l’implication de plusieurs acteurs, notamment la Direction nationale de l’assainissement, du contrôle des pollutions et des nuisances (DNACPN), sa direction régionale du District de Bamako ainsi que les collectivités territoriales concernées.

En attendant des solutions durables, les étudiants et les riverains continuent de subir les conséquences d’un problème qui affecte à la fois leur santé, leur environnement et leur qualité de vie.

A.Ouattara

Source : Malijet

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