Depuis son avènement à la tête de l’État, le Chef de la Transition a opéré une transformation radicale de l’appareil militaire malien.
En rompant avec les tutelles extérieures et en dotant les forces nationales de moyens technologiques de pointe, il a hissé le Mali au rang de puissance stratégique respectée au Sahel. Bilan d’une refondation de l’outil de défense.
Cinq années se sont écoulées depuis que le destin du Mali a croisé la trajectoire d’une gouvernance résolue, incarnée par le Général d’Armée Assimi Goïta. En une demi-décennie, le visage du pays a profondément changé, mais c’est assurément sur le terrain de la défense nationale que la rupture avec l’ordre ancien est la plus spectaculaire. Face à une crise sécuritaire asymétrique qui menaçait les fondements mêmes de la République, le Chef de l’État a fait un choix historique : substituer à la dépendance extérieure le principe absolu de la souveraineté opérationnelle. Le fil conducteur de cette trajectoire ascendante tient en une ambition claire et méthodique : la modernisation intégrale de l’outil de défense pour redonner au Mali les moyens de sa dignité.
Avant cette épopée de refondation, l’outil militaire malien subissait les contraintes d’une assistance internationale souvent calculée pour maintenir nos forces dans un état de sous-équipement chronique. Le Général Assimi Goïta a inversé cette tendance en plaçant l’autonomie d’action au cœur de la doctrine nationale. Cette volonté politique s’est immédiatement traduite par un effort budgétaire sans précédent, orienté vers l’acquisition d’équipements de dernière génération et un accroissement massif des effectifs. Les Forces Armées Maliennes (FAMa) ont ainsi entamé une mue technologique et humaine majeure, passant d’une posture purement réactive à une capacité d’initiative et d’interdiction globale sur l’ensemble du territoire national.
Maîtrise tridimensionnelle du nouveau maillage territorial
Le premier pilier de cette modernisation à marche forcée se situe dans la troisième dimension. L’Armée de l’Air malienne a été profondément restructurée grâce à des partenaires stratégiques fiables, notamment la Russie. L’acquisition massive de vecteurs aériens diversifiés, incluant des avions de chasse, des hélicoptères de manœuvre et d’attaque, ainsi que des flottes de drones de surveillance et de combat à longue endurance, s’est accompagnée d’un volet crucial axé sur la formation intensive d’une nouvelle génération de pilotes de chasse maliens. Cette maîtrise souveraine du ciel est aujourd’hui appuyée par l’introduction de capacités missiles de moyenne et longue portée, modifiant radicalement le rapport de force régional et sanctuarisant le territoire face à toute velléité d’agression. Le Général de Brigade Alou Boï Diarra, Chef d’état-major de l’Armée de l’Air, résume cette ambition par une déclaration forte lors de la réception officielle des nouveaux vecteurs, affirmant que le Mali ne tend plus la main pour mendier sa sécurité, mais se donne les moyens de l’imposer, car le ciel malien appartient désormais exclusivement aux Maliens.
Parallèlement à la maîtrise des airs, la restructuration globale s’articule autour d’un nouveau découpage territorial stratégique des zones militaires. Ce maillage révisé s’appuie sur de nouveaux camps militaires érigés aux points névralgiques du pays pour garantir une réactivité immédiate et permanente. Le renforcement des capacités terrestres s’est concrétisé par l’achat de véhicules blindés résistants aux mines, d’artillerie lourde et de systèmes de communication cryptés de pointe. Les Groupements Tactiques Interarmes (GTIA) disposent désormais d’une puissance de feu et d’une mobilité adaptées aux réalités de la guerre asymétrique, permettant un quadrillage hermétique des zones libérées. L’État-Major Général des Armées veille à ce que cette montée en puissance se traduise par une pression continue sur les sanctuaires criminels.
Bilan de la guerre : bases détruites et chefs neutralisés
Sur le plan strictement opérationnel, la période allant de 2021 à 2026 affiche un bilan agrégé sans précédent en matière de neutralisation des infrastructures et des structures de commandement des groupes armés terroristes. Grâce aux opérations majeures telles que «Maliko» et «Kélétigui», intensifiées par l’apport décisif de la surveillance électronique, l’armée malienne a méthodiquement démantelé l’écosystème criminel. Les statistiques issues des rapports successifs du haut commandement mettent en évidence la destruction de plusieurs centaines de bases logistiques et de sanctuaires fortifiés, localisés notamment dans les forêts d’Ansongo-Ménaka, les massifs du Gourma et les zones d’accès complexes du Delta central du Niger.
Cette campagne d’asphyxie logistique s’est doublée d’une stratégie implacable de décapitation des filières. Les frappes chirurgicales et les assauts aéroportés menés au cours de ce quinquennat ont permis de neutraliser des dizaines de hauts cadres, de lieutenants influents et de juges autoproclamés du JNIM et de l’EIGS, désorganisant profondément leur chaîne de commandement et brisant leur capacité de coordination à grande échelle. En ciblant simultanément les dépôts de carburant, les ateliers de fabrication d’engins explosifs improvisés et les flux de ravitaillement, les FAMa ont transformé les sanctuaires ennemis en pièges statiques.
Le verrouillage des frontières et le contrôle des forêts contaminées sont ensuite venues mettre le paquet à ce bouquet final. Au cœur de cette stratégie il y a une opération dénommé « Fouga kéné », qui repose sur un maillage territorial rigoureux, conçu pour assainir les forêts densément contaminées par les factions criminelles et libérer les voies de circulation. En combinant la reconnaissance tridimensionnelle continue et des patrouilles terrestres lourdes en milieu hostile, les forces de sécurité ont méthodiquement quadrillé ces zones d’exclusion. Cette opération interdit désormais l’établissement durable de bases arrière au sein de nos massifs forestiers, transformant ces espaces autrefois inaccessibles en périmètres sous contrôle direct de l’État.
Un autre axe majeur de ces cinq années de gouvernance réside dans la reprise en main totale de nos lignes de frontières, particulièrement le long des zones poreuses adjacentes aux pays proxys qui servent historiquement de bases arrières ou de zones de refuge pour certains clans et tribus terroristes. Conscient que l’asymétrie de la menace s’alimentait de ces complicités géopolitiques transfrontalières, le dispositif national a imposé un durcissement drastique du contrôle des voies d’infiltration stratégiques. La reconquête de localités symboliques et transfrontalières comme Kidal a marqué un tournant géostratégique crucial. Par l’implantation de nouveaux postes de commandement avancés et l’utilisation continue des drones, les forces nationales ont réussi à couper les routes de contrebande et à bloquer les flux logistiques entrants. Ce rideau de sécurité interdit l’accès libre au territoire aux colonnes armées bénéficiant de tolérances en dehors de nos frontières, réduisant la capacité de régénération des groupes opérant au Sahel.
Le bouclier de l’AES ou la réponse intégrée des pays frères
Cette dynamique de refondation s’est magnifiée par l’intégration d’un commandement restructuré conjointement avec les pays frères du Sahel au sein de la Force Unifiée de l’Alliance des États du Sahel (AES). Le ministre délégué de la Défense et des Anciens Combattants, le Général de Division Oumar Diarra, a clairement défini la portée de cette coordination intégrée lors d’une réunion stratégique des chefs d’état-major de l’Alliance : «L’AES n’est pas une simple coalition de circonstance ; c’est un bouclier commun indéfectible. Notre commandement unifié est la preuve que les solutions à nos défis sécuritaires viendront de notre propre cohésion et de notre détermination commune».
Au-delà des aspects tactiques, la vision du Général d’Armée Assimi Goïta consacre l’autonomie industrielle et l’excellence académique du Mali Kura. Le pays se dote de sa propre usine d’armement, franchissant un pas historique vers l’indépendance logistique et la production endogène de munitions de guerre. Sur le plan de la haute réflexion stratégique, la création de l’École de Guerre du Mali symbolise l’autonomie intellectuelle de notre commandement, formant sur place les futurs cadres d’élite aptes à penser et diriger des opérations complexes.
Cette doctrine d’autosuffisance globale reste profondément marquée par l’empreinte de feu le Ministre de la Défense et des Anciens Combattants, le Général de Corps d’Armée Sadio Camara, élevé au grade de Général d’Armée à titre posthume. Disparu tragiquement le 25 avril 2026 lors d’une attaque terroriste complexe et de grande ampleur ayant visé sa résidence à Kati ainsi que plusieurs localités stratégiques du pays, l’illustre officier a incarné jusqu’à son dernier souffle le serment de résistance. Face à cette offensive coordonnée qui visait à faire vaciller l’État, la riposte fulgurante des FAMa a permis d’infliger de lourdes pertes aux assaillants, neutralisant plus de 200 terroristes selon le décompte officiel de l’État-Major. L’intégrité des institutions a ainsi été préservée. Le regretté ministre rappelait régulièrement avec force qu’une armée dépendant des autres pour ses munitions et sa formation est une armée en sursis, et que le Mali a choisi de forger son propre destin pour garantir sa souveraineté. La réorganisation interne de la DIRPA participe de cette même logique de rationalisation pour soutenir l’effort du front. L’armée et la nation ne font plus qu’un, portées par les valeurs cardinales du « Maaya » et du « Danbé ».
Le bilan de ces cinq années de gouvernance démontre que le Mali n’est plus un terrain de prédation pour les bandes armées ou les officines étrangères de déstabilisation. En plaçant la modernisation globale de l’outil de défense en ligne de mire, le Général d’Armée Assimi Goïta a non seulement sauvegardé l’intégrité territoriale de la patrie, mais il a aussi posé les jalons indispensables à tout développement économique durable.
KML
Source : L’Aube
