«L’Afrique du Sud m’a refusé l’entrée à cause d’un visa expiré mais a laissé entrer des européens sans visa ». Ces propos de l’homme d’affaires nigérian, Abdul Samad Rabiu, Président du Groupe BUA, illustrent bien une triste réalité sur le continent africain concernant la libre circulation des personnes et de leurs biens.
A l’exception de quelques États à l’image du Ghana, des Seychelles, du Kenya, du Rwanda, de la Gambie, du Bénin et du Togo, plu sieurs gouvernements imposent des visas d’entrée aux citoyens africains. Un véritable handicap à la réalisation de l’intégration africaine.
Selon le journaliste, communicant, activiste et pas sionné du web, Ndengar Masbé, « il est bien connu que voyager dans certains pays africains peut être une expérience frustrante. L’évocation de certains noms de pays suffit souvent à décourager les voyageurs, en raison des nombreuses démarches administratives, des tracasseries routières et des risques de corruption rencontrés ».
Ces différentes restrictions sont contraires aux idéaux du panafricanisme qui a servi de fondement, le 25 mai 1963, à la création de l’Organisation de l’unité africaine (OUA), laquelle organisation a cédé la place à l’Union africaine. Le 25 mai est un jour spécial sur le continent noir, berceau de l’humanité. Le 25 mai devrait consacrer la célébration de la fin des barrières à la réalisation de l’intégration africaine. Mais hélas !!!
Un Camerounais, qui doit se rendre en Côte d’ivoire, est soumis à des procédures d’obtention de visa qui découragent. Un Malien désireux d’aller en Egypte doit payer son visa. Un Nigérian qui veut se rendre en Afrique du sud est soumis à des de mandes de visa sans espoir d’obtenir le précieux sésame. Le plus difficile à expliquer est le cas de l’Ethiopie qui abrite le siège de l’Union africaine.
L’Ethiopie n’a pas supprimé le visa d’entrée pour de nombreux ressortissants africains. Certes, depuis quelques années, le gouvernement éthiopien a fait des efforts en optant pour le visa à l’arrivée en lieu et place des tracasseries dans les ambassades ou consulats ! L’Ethiopie doit aller plus loin en rejoignant le cercle restreint des pays qui ont supprimé le visa d’entrée pour les ressortissants africains.
Ces restrictions témoignent d’un échec des gouvernements africains qui devraient à l’unisson avancer vers une suppression totale de visa d’entrée pour les ressortissants du continent qui souhaitent se rendre dans un autre pays. Sur ce triste registre de la libre circulation des personnes et de leurs biens, un exemple est à imiter : celui de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’ouest. En effet, la Cedeao est l’une des rares organisations sous-régionales en Afrique à enregistrer des avancées majeures en matière de libre circulation des personnes et de leurs biens. Un ressortissant de la Cedeao peut se rendre sans visa dans chacun de ses États membres.
« L’aspiration à une Afrique sans visa est un objectif majeur de l’Union africaine qui, à travers son Agenda 2063, souhaite un continent politiquement uni et intégré, fondé sur les idéaux du panafricanisme. Pour atteindre cette vision, il est essentiel de lever les barrières physiques et administratives qui freinent l’intégration des peuples africains », souligne Ndengar Masbé.
Par Chiaka Doumbia
Source : Le Challenger
