…La catastrophe arrive vite quand on n’a pas le courage de se parler, d’échanger, de regarder l’autre, de faire confiance à l’autre si différent et si proche, aux voisins si sacrés, aux amis si chers, aux partenaires si nécessaires; quand tout se réduit au pouvoir, à la quête du pouvoir.
Aux problèmes politiques, il faut de vraies solutions politiques; pas de faux fuyants. Elles peuvent être difficiles à trouver mais nous devons les trouver ensemble à coup de concessions, de compromis conformes à l’État de droit, de compromis démocratique. Les problèmes politiques mal résolus finissent par prendre de dimensions régionalistes puis ethniques, puis religieuses et conduisent à l’anarchie ».
Le Président Alpha Oumar Konaré a tenu ces propos en octobre 2001 à Abidjan, lors du Forum pour la réconciliation nationale en Côte d’Ivoire, initié par le Président Laurent Gbagbo. Devant un parterre d’invités, le Président Alpha Oumar Konaré a tenu un discours historique qui résiste encore au temps comme tous les grands discours. Car vingt-cinq ans après, l’intervention du Président Konaré garde toute son importance dans une Afrique, voire un Sahel secoué par des guerres et des crises sans fin.
Le Président Konaré a raison. Partout où l’on a substitué aux règles de l’humilité et de la tolérance celle de l’arrogance et du rejet de l’autre frère, le pays est allé à l’affrontement. Hier en Sierra Leone, au Libéria, en Côte d’Ivoire. Aujourd’hui au Mali, au Burkina Faso, au Niger, en Libye.
Encore et toujours la République démocratique du Congo (RDC), le Soudan, la Somalie ! Partout où les gens n’ont pas eu le courage de se parler, d’échanger, de regarder l’autre, de faire confiance à l’autre, la nation a basculé dans la tragédie avec des morts, des villages incendiés, des populations déplacées ou réfugiées.
Selon le Pape François, « la voie de la paix est marquée par le dialogue. Nous devons nous aider à croire dans la force patiente et douce du dialogue. Ce n’est pas une route facile, mais il n’y a pas d’alternatives pour atteindre la réconciliation ».
Le monde a besoin de paix. Et le Mali a besoin de paix. Pour cette paix, les fils et filles du Mali doivent accepter de se parler, de se regarder, de se rassembler et de se faire confiance pour sauver la patrie et arrêter le sang de couler. « Le dialogue », a toujours défendu le Front pour la paix au Mali, « la seule issue aux crises que traverse le Mali ». Donc, Ayons le courage de dialoguer entre nous Maliens afin de trouver « des vraies solutions politiques aux problèmes politiques ».
Par Chiaka Doumbia
Source : Le Challenger
