Entre Nous: Réalisme

L’Etat-major général des Armées a annoncé par communiqué du 24 octobre 2026 la découverte de 54 corps sans vie dans un campement à Tagadayat, à environ 35 km au sud-est de Ménaka.

Une semaine plus tôt, le 19 octobre, le Bureau exécutif de la Communauté Idaksahak avait parlé du massacre de 48 civils survenu le dimanche 18 octobre 2026 à Tagadayat, dans la région de Ménaka, par des éléments armés de Daesh arrivés à bord de plusieurs motos.

 

La Commission Nationale des Droits de l’Homme s’est dite fortement préoccupée par ces atteintes graves aux droits de l’Homme contre les civils et a invité les autorités à rechercher, identifier et traduire en justice les auteurs, commanditaires et complices.

 

Ces attaques auraient été commises en représailles à une opération des FAMa et de leurs partenaires contre un haut cadre de l’Etat islamique au Grand Sahara, qui aurait échappé de justesse à une neutralisation. Des sources sécuritaires non confirmées par les officiels maliens signalent l’arrestation de son épouse, conduite à Ménaka.

 

De 2019 à 2022, l’EIGS avait multiplié les attaques contre les populations, notamment Daoussahak et Idakshak, dans la zone de Ménaka. L’article appelle les partenaires locaux des FAMa à la vigilance et au pragmatisme pour ne pas exposer les civils.

 

 

Par communiqué en date du 24 Octobre 2026, l’Etat-major général des Armées a annoncé la découverte, dans un campement à Tagadayat à environ 35 km au sud-est de la ville de Ménaka, de 54 corps sans vie.

 

Une semaine plus tôt, le 19 Octobre, le Bureau exécutif de la Communauté Idaksahak a parlé « du massacre de 48 civils, survenu le Dimanche 18 Octobre 2026, dans la localité de Tagadayat, dans la région de Ménaka, par des éléments armés de Daesh, arrivés à bord de plusieurs motos ».

 

La Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH) s’est dite « fortement préoccupée par des atteintes graves aux droits de l’Homme contre les populations civiles perpétrées dans un campement à Tagadayat dans la Région de Ménaka ». L’institution de défense des droits de l’homme a condamné ces actes ignobles et invité les autorités à rechercher, identifier et traduire en justice les auteurs, commanditaires et complices de ces atteintes graves aux droits humains et au droit international humanitaire.

 

Ces attaques auraient été commises en représailles à une opération menée par les FAMa et leurs partenaires contre un haut cadre de l’État islamique au Grand Sahara (EIGS). Ce dernier, qui se trouvait en famille dans un campement, aurait échappé de justesse à une neutralisation.

 

Des informations rapportées par certaines sources sécuritaires, mais non confirmées par les officiels maliens, signalent l’arrestation de l’épouse de ce haut cadre qui aurait été conduite à Ménaka. Ce n’est pas la première fois que des civils soient pris pour cibles par l’EIGS.

 

De 2019 à 2022, ce groupe armé radical a multiplié les attaques contre les populations, notamment les membres des communautés Daoussahak et Idakshak, dans la zone de Ménaka, où l’organisation demeure très active. Après cet épisode tragique, les populations civiles avaient été épargnées par la folie meurtrière des combattants de l’EIGS.

 

Les attaques de Tagadayat ont fait resurgir la crainte d’une nouvelle escalade. A la différence du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) l’EIGS, dont l’élite dirigeante est constituée essentiellement d’étrangers, se distingue par la brutalité de ses méthodes.

 

Récemment, Ces derniers temps, il a libéré quelques otages grâce à la médiation libyenne du clan Haftar. Ces libérations n’ont pas dérogé à la jurisprudence établie au Sahel quant au paiement de rançon. Très rigide au départ, l’EIGS a intégré par la suite l’industrie de prise d’otages dans ses modes de financement.

 

Avant les récentes libérations d’otages, il avait libéré quatre chauffeurs routiers marocains en Août 2025, grâce à la collaboration entre l’Agence nationale de la Sécurité d’Etat (ANSE) du Mali et la Direction générale des études et de la documentation (DGED) du Maroc.

 

L’évolution des positionnements géopolitiques au Sahel, mais aussi des alliances locales, pourrait ex poser davantage les populations civiles aux attaques de ces monstres sans foi ni loi de l’EIGS.

 

Dans un tel contexte, il revient aux partenaires locaux des FAMa de faire preuve de vigilance et de pragmatisme afin de ne pas trop exposer les pauvres populations civiles, dont le seul crime est d’appartenir à telle ou telle communauté.

 

La vulnérabilité des civils sans défense est à intégrer dans l’analyse des décisions opérationnelles. Cela s’appelle le réalisme.

 Par Chiaka Doumbia 

Source : Le Challenger

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