Les jeunes de Yanfolila sous la bannière du Conseil communal de la jeunesse ont mis le feu, il y a quelques jours, à plus de 40 dragues sur le fleuve Ballé. Leur action, selon notre confrère Yacouba Doumbia, Promoteur de la Plateforme numérique Wassolo 24, vise à lutter contre la pollution des eaux de ce cours d’eau et à préserver l’environnement face aux conséquences de l’exploitation minière sur les ressources hydriques.
En effet, le fleuve Ballé, dont les eaux et les berges constituent des zones propices aux activités agricoles, sylvo-pastorales et à la pêche, est confronté ces dernières années à d’importants défis environnementaux liés à l’orpaillage. L’exploitation de l’or par dragage et l’utilisation de produits chimiques (tels que le cyanure ou le mercure) menacent la survie des ressources halieutiques et provoquent la dégradation des berges.
Les jeunes de Yanfolila ont donc pris leur responsabilité en incendiant les dragues qui empoisonnent leurs cours d’eau depuis plusieurs années. Ils l’ont fait en réaction aux désastres environnementaux commis en toute impunité par des criminels sans foi ni loi protégés par des agents pourris de l’Etat et des notables qui ne le sont que de nom. Dans un entretien qu’il nous a accordé en octobre 2021, la Maire de la commune rurale de Wassoulou-Balé, Mme Rokia Diakité alertait : « La gestion de l’environnement est un défi majeur pour nous. Elle nous pose énormément de problèmes avec la présence des dragues dans nos cours d’eau. Ces engins sont vraiment nuisibles. Le taux de pollution de nos cours d’eau est très élevé. Actuellement à cause des dragues, il n’y a même plus de poisson chez nous. Les gens n’arrivent plus à pratiquer la pêche. L’eau est très sale et polluée. Quand l’eau est polluée, c’est fini pour l’homme, les animaux et les plantes. Les conséquences sont dramatiques.
Les jeunes de Yanfolila sont-ils à blâmer pour cet acte qui pallie une défaillance de l’Etat ? Leur exemple inspirera-t-il d’autres jeunes dont les communes sont victimes des criminels environnementaux ? Nul ne devrait être surpris de voir leur exemple faire tache d’huile.
Malgré les nombreuses décisions prises par le gouvernement, les activités de « dragage » continuent de plus belle. L’année dernière, il a fallu que la Somagep soit confrontée à d’énormes difficultés dans le traitement de l’eau pour que le gouvernement sorte la grosse artillerie contre les dragues du fleuve Niger dans les environs de Bamako. Mais c’est avant tout une question de volonté politique et de courage.
Quand on veut, on peut. La preuve : Ely Diarra, alors Maire de la Commune urbaine de Koulikoro, a pris des mesures énergiques pour dégager les dragues du fleuve Niger au niveau du territoire de sa collectivité.
Les questions de pollution de fleuves doivent être traitées comme une priorité au sommet de l’Etat. Car, la présence des dragues sur les fleuves menace la sur vie de millions de Maliens à tous les niveaux. Il est urgent d’agir partout sur l’ensemble du territoire national.
Par Chiaka Doumbia
Source : Le Challenger
