Escroquerie au charlatanisme numérique au Sénégal : Ils envoutaient leurs victimes pour les dépouiller de leur fortune

Au Sénégal, suite à la plainte d’une victime qui s’est fait carotter 8,5 millions de nos francs, la très performante Division Spéciale de Cybercriminalité (DSC) a déféré au parquet deux individus pour escroquerie, charlatanisme numérique et blanchiment de capitaux. L’identification d’autres victimes est en cours.

 

Les faits se déroulent courant 2025, lorsque le principal suspect aborde la victime (un éleveur) au commissariat de police de Jaxaay, situé dans la banlieue dakaroise, pour lui proposer de faire prospérer son business grâce aux dons mystiques qu’il possède. Pour que le poisson morde à l’hameçon, il le rassure d’être de bonne foi, se faisant passer pour un guide religieux.

Sur le champ, l’escroc parvient à imposer à l’éleveur un « listikhar » pour consulter nuitamment les esprits afin de tout savoir sur lui. Une condition obligatoire pour l’aider efficacement. C’est ainsi que l’escroc lui explique que pour mieux voir ses affaires, il devra utiliser un liquide contenu dans une bouteille, en lui expliquant le mode d’emploi. Il se trouve que, finalement, ce liquide a produit des effets dévastateurs chez l’éleveur tombé dans un état psychologique de soumission totale à son bourreau, lui obéissant aveuglément. Depuis ce jour, l’éleveur se soumet sans réfléchir aux demandes de fonds formulées par l’escroc, sous prétexte d’offrandes exigées par les esprits (rowhanes).

Par ce procédé, un montant total de 8,5 millions de FCFA a été extorqué à la victime : 6 500 000 de FCFA par transfert électronique de fonds et 2 000 000 de FCFA versés en espèces. Sous l’emprise des escrocs (ils étaient finalement deux à agir), la victime a même vendu en catimini 9 de ses bœufs pour satisfaire leurs exigences.  Cette vente des bœufs sans raison valable a attiré l’attention du père de la victime qui va chercher à en savoir davantage et c’est ainsi qu’il tombe sur la vérité amère, avant de porter plainte au mois dernier.

Sur la base des numéros ayant servi aux transferts des fonds, la Division spéciale de cybercriminalité n’a eu aucun mal à retrouver les deux suspects). Passés aux aveux, ils ont été déférés au parquet.

Le principal suspect a même reconnu avoir utilisé cet argent pour construire sa maison au village. L’analyse des données de leurs téléphones a révélé plusieurs transactions financières suspectes de montants élevés. Elles font actuellement l’objet d’enquêtes approfondies afin d’identifier d’éventuelles autres victimes.

Amadou Bamba NIANG

Journaliste et Consultant indépendant    

Source : Aujourd’hui-Mali

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