Incarcération des journalistes : Le Cri de cœur de Bandiougou Danté

L’Assemblée générale de la Maison de la presse du Mali, tenue le jeudi 12 juin 2026, a été marquée par une séquence solennelle et tendue.

Après avoir salué la réussite du Forum panafricain des médias (FOPAME 2026) et remercié les autorités de la Transition pour leur soutien, le président de l’instance, Bandiougou Danté, a lancé un véritable cri de cœur pour la libération des journalistes incarcérés, Chahana Takiou et Abderrahmane Keïta.

«La Maison de la presse a suivi la mort dans l’âme la situation des confrères incarcérés», a-t-il lancé d’emblée, avant de dresser un constat sans concession sur l’état des relations entre la corporation et le monde judiciaire.

  1. Danté a rappelé les nombreuses actions menées par la Maison de la presse pour améliorer le dialogue avec la justice : journées Justice-Presse, conférences, espaces d’expression offerts aux acteurs judiciaires et compétitions sportives. Autant d’efforts qui ont permis, selon lui, de préserver des rapports humains «intacts».

Puis le ton est monté d’un cran. «Il faut avouer que nos partenaires de la justice n’ont pas été à la hauteur de nos attentes quant à la création d’un climat de paix, d’entente», a-t-il asséné, avant d’employer une formule plus lourde de sens : «Les représentants de Dieu sur terre sont restés sourds à nos multiples appels à la sagesse, à la clémence».

Le président de la Maison de la presse n’a pas masqué son amertume, allant jusqu’à déclarer : «Jamais dans l’histoire du Mali, la sagesse, la tolérance et le pardon n’ont été denrées aussi rares».

Puis sont venus les noms. Ceux pour qui, désormais, toute l’action de la Maison de la presse est mobilisée : Chahana Takiou, Abderrahmane Keïta.

«Aujourd’hui, notre priorité demeure la recherche de solutions susceptibles d’aboutir à la libération de nos confrères», a martelé Bandiougou Danté, avant de prévenir : «Maliennes, Maliens, nous devons tous comprendre que tout ce qui est excessif est insignifiant. Le Mali est le seul bien que nous avons en commun. Sa protection, le renforcement de son image, la préservation de son unité et de sa stabilité est une responsabilité partagée».

Un appel à l’humilité et à l’apaisement adressé à toutes les parties, y compris aux autorités judiciaires.

Malgré la fermeté du ton, la Maison de la presse affirme vouloir s’inscrire dans une logique républicaine. «Notre démarche s’inscrit dans un esprit de responsabilité, de dialogue et de préservation de la crédibilité de la presse malienne», a précisé le président, appelant les avocats volontaires à se manifester pour coordonner la défense.

Parallèlement, Bandiougou Danté a mis en garde contre toute dispersion : «La Maison de la presse invite l’ensemble des professionnels des médias à demeurer mobilisés, solidaires et surtout disciplinés. Toutes les actions futures seront coordonnées et communiquées officiellement par la Maison de la presse».

Il a également rappelé que «défendre les journalistes, c’est défendre le droit du public à une information libre et pluraliste», tout en réaffirmant que la priorité reste «la paix, la justice et la stabilité de notre pays».

«Nous devons obtenir la libération de nos confrères avec responsabilité, dignité et cohésion. La défense de la liberté de la presse doit aller de pair avec la préservation de la crédibilité de notre profession», a conclu Bandiougou Danté, sous les regards attentifs d’une profession sommée de faire bloc.

L’Assemblée générale s’est achevée sur un appel à rester «unis pour une presse malienne forte, professionnelle, libre et respectée».

Mémé Sanogo

Source : L’Aube

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