Jugé pour assassinat : Un sous-officier de police condamné à la peine de mort

Jugé pour assassinat à Bamako, le sous-officier de police Souleymane Magassa a été reconnu coupable par la chambre criminelle. Il a été condamné à la peine de mort à l’issue des débats.

Souleymane Magassa, sous-officier de police, était devant les jurés de la chambre criminelle pour répondre des faits d’assassinat. C’était le mardi 7 avril 2026, à la Cour d’appel de Bamako. Reconnu coupable, il a écopé de la peine de mort.

Dans la nuit du 14 mars 2022, aux environs de 21 h, un véhicule de marque « Chevrolet Spark », numéro de châssis KLYMA-48-DCC595867, maculé de sang, a été abandonné par un individu dans un lavage pour faire disparaître les traces de sang.

Il a disparu après le lavage, ce qui a éveillé les soupçons des personnes présentes sur les lieux. Ces dernières ont alors alerté la brigade territoriale de Faladié. Aussitôt, les éléments se sont rendus sur place pour mener des enquêtes.Le lendemain, une publication d’avis de recherche via la page Facebook d’Oumar Camara a permis de comprendre la disparition de son frère Ousmane Camara et dudit véhicule. Quelques moments après, le sieur Oumar a été contacté téléphoniquement pour plus d’informations. Celui-ci a affirmé que c’est lui-même qui avait mis en contact son frère avec Salif Dao, qui à son tour avait transmis le contact à Souleymane Magassa. Ce dernier aurait été approché après la publication de la vente du véhicule. Un rendez-vous a été fixé non loin de la direction générale de la police à l’ACI 2000 afin de marchander l’engin.

Depuis ce jour, il a perdu tout contact avec son frère jusqu’au 18 mars 2022, date à laquelle il a retrouvé son corps sans vie dans un trou au lieu du rendez-vous. Des investigations poussées ont conduit à Salif Dao et Souleymane Magassa comme étant les auteurs de cet acte.

Interpellés, ils ont été conduits devant le parquet du Tribunal de grande instance de la Commune V du district de Bamako, où une information judiciaire a été ouverte pour assassinat et complicité.

Tant à l’enquête préliminaire qu’au cours de l’information, l’inculpé Souleymane Magassa a nié les faits. Il a notamment affirmé être rentré chez lui après avoir constaté l’absence de la victime au rendez-vous, puis s’être rendu à Kayes la même nuit.

Cependant, lors de son second interrogatoire du 24 mars 2022 à la Brigade d’investigation judiciaire, il a reconnu avoir nourri l’idée de s’accaparer du véhicule. Les éléments réunis, notamment les témoignages et les incohérences dans ses déclarations, ont été jugés suffisamment graves et concordants pour établir sa responsabilité. A la barre, il a néanmoins continué de nier les faits. Pour la partie civile, l’accusé n’a cessé de mentir tout au long des débats, tandis que le ministère public a estimé que les faits caractérisent clairement un assassinat. La chambre criminelle a finalement prononcé la peine de mort à l’encontre du sous-officier de police Souleymane Magassa.

            Marie Dembélé

Source : Aujourd’hui-Mali

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