Libye: Benghazi et Niamey affichent leur volonté de renforcer leur coopération sécuritaire

Le rapprochement entre les autorités de l’Est libyen et le pouvoir nigérien prend une nouvelle dimension avec la signature annoncée d’un protocole de coopération stratégique, sur fond de recomposition des équilibres sécuritaires au Sahel et en Afrique du Nord.

Saddam Haftar, responsable militaire et fils du maréchal Khalifa Haftar, a reçu à Benghazi le Premier ministre nigérien Ali Mahaman Lamine Zeine, accompagné d’une délégation de haut niveau, en présence du chef du gouvernement de l’Est libyen, Oussama Hamad.

Cette rencontre, annoncée dans une publication sur le compte Facebook de Saddam Haftar, s’inscrit dans une dynamique de rapprochement entre les autorités de l’Est libyen et le Niger, dans un environnement régional marqué par la multiplication des défis sécuritaires.

À cette occasion, Saddam Haftar a transmis au chef du gouvernement nigérien les salutations du commandant en chef de l’Armée nationale libyenne, le maréchal Khalifa Haftar, à l’adresse du président nigérien, le général Abdourahamane Tiani. Il a également souligné la profondeur des relations historiques entre les deux pays et leur convergence d’intérêts face aux mutations politiques et sécuritaires qui affectent l’espace sahélo-saharien.

Au-delà des déclarations diplomatiques, les échanges ont principalement porté sur les enjeux de sécurité transfrontalière, notamment la lutte contre les réseaux terroristes, la criminalité organisée et les activités de contrebande. Pour les autorités de l’Est libyen, l’instabilité des espaces frontaliers constitue une menace directe pour la sécurité nationale, mais également pour celle des pays voisins. Saddam Haftar a ainsi défendu une approche régionale fondée sur la coordination opérationnelle, le respect de la souveraineté des États et la préservation de leurs choix nationaux.

La rencontre a également été marquée par l’annonce de la conclusion d’un protocole de coopération stratégique entre la Libye et le Niger. Présenté comme une étape supplémentaire dans le rapprochement bilatéral, cet accord devrait permettre de structurer davantage les mécanismes de concertation et de traduire les engagements politiques en programmes opérationnels. Aucun détail précis sur son contenu, les secteurs concernés ou le calendrier de mise en œuvre n’a toutefois été communiqué dans la publication.

Cette initiative intervient dans un contexte de recomposition des alliances sécuritaires au Sahel, où le Niger, le Mali et le Burkina Faso ont renforcé leur coopération dans le cadre de l’Alliance des États du Sahel (AES). La proximité géographique entre le sud libyen et les espaces sahéliens confère à ces évolutions une importance particulière pour les autorités de Benghazi, soucieuses de consolider leur présence diplomatique et leurs relations avec les acteurs régionaux.

Pour le camp de Khalifa Haftar, ce rapprochement avec Niamey représente ainsi un levier supplémentaire de positionnement dans les équilibres africains. Reste à savoir si le protocole annoncé débouchera sur une coopération concrète et durable, notamment en matière de sécurisation des frontières, dans une région où les déclarations de solidarité sécuritaire se heurtent régulièrement aux difficultés de coordination entre États.

MK/AK/Sf/

Source : APA

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