Mali-Algérie : Après neuf mois de tempêtes diplomatiques, l’espoir renaît

Le Mali et l’Algérie  reprenne à se parler dans un langage diplomatique. Quelle bonne surprise ? Qui l’aurait cru aussi tôt? Nous devons   commencer par saluer cette brave volonté des deux pays frères et voisins de se retrouver, en tournant la page conflictuelle de leurs relations très sombres. C’est déjà un grand pas  de franchi, avec l’annonce officielle simultanée  de la réouverture des espaces nationaux aériens et terrestres aux trafics civils  et militaires des deux pays. Mais pourquoi donc  cette reprise de relations diplomatiques, actée par  le retour des diplomates à leurs postes d’accréditation ?

 

En effet,  le Mali et l’Algérie ne sont pas à leurs  premières  crises  aussi tendues. Même si, celle qui fait l’objet d’actualité, a marqué les populations des deux pays,  par la violence verbale observée de part et d’autre.  L’on se souvient des brouilles et tensions diplomatiques de 2015, entre le Mali et l’Algérie, après la fin de l’accord de paix, où le Mali pointait du doigt l’ingérence de l’Algérie et surtout des actes hostiles. Et c’était encore à la tribune de l’Assemblée générale des Nations Unies.

Le contexte de crise diplomatique des 9 mois,  est celui du Drone  abattu de l’armée malienne  par l’Algérie dans la nuit du  31 mars au 1er avril 2025.  Cet acte, plein  de gravité, n’a été apprécié par le Mali qui l’a fermement condamné puis  posé une plainte contre l’Algérie à l’ONU. C’était notamment, le vendredi 26 septembre 2025, lorsque le Premier ministre de la Transition malienne, le Général Abdoulaye Maiga, du Haut de la tribune de l’Assemblée générale des Nations Unies, avait clairement exprimé la colère de son pays. Ce jour-là, le langage diplomatique avait fui la salle. Les mots et les termes bien choisis, relevaient  d’une véritable guerre menée  de façon verbale. Ainsi, avait-il  clamé  à la « Junte Algérienne »  de cesser de soutenir le terrorisme international.

En  réponse au Premier ministre, le lundi 29 septembre 2025, le ministre des Affaires étrangères de l’Algérie,  Son Excellence Hamed ATTAF, fera un grand virage, aux mépris du langage diplomatique, en qualifiant  l’intervention du PM  malien du « bavardage de caniveaux qui mériterait, selon le Diplomate algérien du « mépris et du dégoût « . Le monde entier assistait aux spectacles déshonorants qui ont montré à quel  degré,  les tensions diplomatiques entre les deux pays frères et voisins, étaient vives et extrêmes.

A l’heure actuelle, personne ne pouvait imaginer un rapprochement  aussi facile et rapide entre  les deux grands voisins, liés par l’histoire et la géographie.  Mais, il a seulement fallu  neuf mois pour que le  monde entier soit servi  par les annonces officielles  des deux pays, faisant état de la réouverture des espaces nationaux de part et d’autre et le retour à leur poste des ambassadeurs.

Tout s’est précipité et bien acté ! Les espaces nationaux aériens et terrestres  sont ouverts aux trafics civils et militaires. Le retour immédiat des deux ambassadeurs à leurs postes respectifs. Cette surprenante bonne nouvelle,  intervient au moment où l’armée malienne mène des combats de guerre féroces contre les groupes terroristes et leurs auxiliaires, dans le grand nord, aux frontières avec l’Algérie.

Oui, le Mali et l’Algérie ont en commun, une longue  frontière  de 1329 km. Cette frontière historique tracée en 1905 est  finalement reconnue,  acceptée et signée,  en 1983, de part et d’autre, par les soins des précédents Chadli Bendjedid  de l’Algérie  et  Moussa TRAORE de Mali.  Le Mali et l’Algérie sont donc deux pays voisins stratégiques qu’aucun  seul pays ne peut à lui seul gérer. Surtout dans un contexte de la lutte contre les terroristes  et autres criminels. À cela s’ajoute , la question de la rébellion du nord, dans laquelle l’Algérie a toujours été indexé par le Mali, pour son ingérence,  voire, sa protection et son soutien aux séparatistes du MLA désormais FLA.

Les tensions entre les pays  voisins ne sont jamais à souhaiter. Surtout   lorsqu’elles  mettent à mal les relations des populations transfrontalières.  C’est pourquoi la nouvelle de reprise des relations diplomatiques est la bienvenue. L’Algérie et le Mali, liés par l’histoire et la géographie et partageant une longue frontière dans la Sahara, sont condamnés à s’entendre et coopérer pour le bien de tous.

L’essentiel est  désormais fait  pour aller profondément dans le sens d’un nouveau raffermissement  des relations entre les deux Etats. Espérons que les nouvelles avancées  ne soient pas un  feu de paille. Ce, afin que cette reprise des relations diplomatiques donne lieu à la vraie consolidation des relations de confiance. Ce qui pourrait aider à mieux gérer la question de l’insécurité à la frontière des deux Etats mais surtout  à s’attaquer aux volets du développement économique et social.

Que les individus qui  ont un malin plaisir  à aggraver les crises entre les pays africains,  les pays frères et voisins, se taisent à jamais. Il faut  désormais laisser aux  diplomates  des deux pays à gérer sereinement les différends,  loin des yeux et des oreilles inutiles et nuisibles !

Monoko Toaly

Source : Le Pélican

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