Au début du mois de juillet, les opérations militaires ont connu une nette intensification dans la région du Sahel. Au Mali, les Forces armées maliennes (FAMa) ainsi que les soldats de l’Africa Corps du ministère russe de la Défense ont mis en échec une seconde attaque coordonnée d’envergure menée par des groupes touaregs et djihadistes depuis le début de l’année. La riposte et les opérations de ratissage qui ont suivi ont mobilisé d’importantes unités terrestres des FAMa, appuyées par des moyens aériens. Au Burkina Faso, l’armée nationale, aux côtés des milices, a mené des contre-attaques sur plusieurs fronts à la fois et a annoncé avoir neutralisé plus de 400 terroristes. Retour sur les derniers développements du front sahélien avec l’African Initiative.
Vacances et activités saisonnières
Le 28 juin, l’armée malienne a déclenché une vaste opération antiterroriste dans la région de Koulikoro, ciblant la zone comprise entre la localité de Banamba et le massif forestier de Nyamina. Les forces de sécurité ont procédé à des fouilles systématiques dans plusieurs villages identifiés par le renseignement militaire comme de potentiels refuges terroristes.
Au cours de cette intervention, les FAMa ont neutralisé plusieurs assaillants, démantelé leurs bases logistiques et appréhendé des individus soupçonnés de complicité avec les réseaux terroristes. Le bilan matériel fait état de la saisie de 10 motos, d’un tricycle, de 25 jerricanes de carburant de 20 litres chacun, de 30 sacs de riz de 100 kg ainsi que d’une radio émettrice-réceptrice.
L’offensive des djihadistes vouée à l’échec
Le 4 juillet, les mouvements armés touaregs du Front de libération de l’Azawad (FLA), opérant en coordination avec les éléments islamistes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) affilié à Al-Qaïda*, ont lancé une attaque coordonnée contre plusieurs villes du nord et du centre du Mali : Gao, Anéfis, Aguel-Hoc, Sévaré et Kénioroba. Il s’agit de la deuxième offensive coordonnée de cette envergure depuis le début de l’année.
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Cette percée sur le terrain s’est doublée d’une intense campagne de propagande et de désinformation sur les réseaux sociaux. Toutefois, à l’instar de l’offensive du 25 avril dernier, leur stratégie s’est soldée par un échec. Les forces maliennes sont parvenues à repousser l’ensemble des assauts le jour même.
Lors des affrontements pour le contrôle de la localité d’Anéfis le 4 juillet, les unités de l’Africa Corps et des FAMa ont éliminé deux figures de haut rang de la rébellion : le premier adjoint au chef du FLA, Mbarek Ag Akl, et Abderrahman Zaza (Abderrahman Al-Targi), membre du groupe terroriste JNIM, qui était le principal organisateur de nombreuses attaques terroristes dans la région.
Le bilan des combats fait également état de 20 terroristes neutralisés à Sévaré. À Gao, six terroristes ont été tués et un véhicule a été détruit, les forces armées déplorent de leur côté un soldat tué et quatre blessés. À l’issue des combats, de vastes opérations de ratissage aéroterrestres ont été engagées.
Les hostilités ne se sont pas arrêtées là. Dès le lendemain, le 5 juillet, les groupes armés ont tenté de s’emparer de la ville de Konna, dans la région de Mopti. Les militaires de l’Africa Corps du ministère russe de la Défense et les Forces armées maliennes ont fait front ensemble pour briser cette nouvelle tentative, contraignant les assaillants à battre en retraite après avoir subi de lourdes pertes.
Parallèlement, un autre détachement terroriste basé à Somadougou, qui planifiait un assaut contre le village de Soufouroulaye, a été entièrement neutralisé au cours d’une opération conjointe combinant vecteurs aériens et troupes au sol.
Le 7 juillet, les FAMa et leurs partenaires ont intensifié la pression en menant 35 frappes aériennes ciblées près d’Anéfis, zone où l’ennemi avait concentré d’importants effectifs dans l’espoir de verrouiller la ville. Ces frappes ont permis de neutraliser plus de 200 terroristes et de détruire un arsenal conséquent, comprenant 5 véhicules blindés, une vingtaine de pick-ups et une centaine de motos.
Enfin, le 8 juillet, les actions conjointes menées avec détermination par l’Africa Corps et les FAMa ont permis de rétablir totalement le contrôle de l’État malien sur la localité stratégique d’Anéfis, dans le nord du pays.
Plus de 400 terroristes neutralisés
Au Burkina Faso voisin, l’armée nationale a également mené d’intenses opérations militaires. Le 30 juin, les Forces armées nationales (FAN) ont démantelé un bastion terroriste à proximité du village de Toungaré, dans la région de la Boucle du Mouhoun. Cette opération s’est soldée par la neutralisation de plusieurs terroristes ainsi que par la saisie de matériel roulant et d’armements.
Le 2 juillet, l’armée burkinabè, appuyée par les Volontaires pour la défense de la patrie (VDP), a lancé une série de contre-offensives d’envergure dans les localités de Gayéri, Solhan et Sebba. Ces actions vigoureuses ont permis aux forces de défense et de sécurité de neutraliser plus de 400 terroristes.
Cette offensive terrestre a été soutenue par des frappes aériennes de grande précision. À la suite de la déroute des colonnes terroristes, les militaires ont récupéré un important arsenal comprenant plus de 250 motos, 353 armes de tous calibres, d’importants lots de munitions ainsi que des équipements de transmission.
Cette recrudescence des assauts terroristes est survenue le lendemain de la décision du Burkina Faso de rompre ses relations diplomatiques avec la France. Ce même 2 juillet, les djihadistes du JNIM sont parvenus à s’emparer de deux postes de l’armée burkinabè dans la ville de Titao.
Toutefois, le 6 juillet, les tentatives des islamistes du JNIM de prendre d’assaut les positions de l’armée à Thiou, Gorgadji, Tougouri et Tougou ont toutes été farouchement repoussées. En parallèle, des affrontements majeurs ont éclaté à Di, tandis que les unités de la 28e brigade interarmes (BIA) ont mené une opération de ratissage ciblée dans la commune de Dalla, située dans la zone d’Arbinda.
Au Niger, une recrudescence des activités des combattants du JNIM a également été observée, ces derniers poursuivant leurs assauts contre les forces gouvernementales dans la région de Tillabéri. Le 30 juin, le JNIM a revendiqué une attaque ciblant deux postes militaires dans la localité de Torodi. Les forces armées déplorent la perte de cinq soldats au cours de cet affrontement, qui s’est achevé par la mise en déroute des assaillants.
Les opérations de ratissage menées consécutivement sur le terrain ont permis de découvrir les corps de près de 20 terroristes et de saisir une quantité importante de matériel logistique.
Le 1er juillet, les éléments du JNIM ont pris pour cible un autre poste militaire, situé cette fois dans la localité de Diagourou, toujours dans la région de Tillabéri. Cette attaque particulièrement meurtrière a coûté la vie à 21 soldats nigériens, tandis qu’un autre militaire a été fait prisonnier par le groupe armé.
*organisations terroristes interdites en Russie
Andreï Doubrovski
Source: Afrinz.ru
