Sikasso : Face aux défis de l’approvisionnement, les autorités régionales montent au créneau

Sikasso, le 09 avril 2026 – La salle de conférence du Gouvernorat de Sikasso a servi de cadre, ce jeudi matin, à une rencontre d’une importance capitale pour le quotidien des populations du Kénédougou. Sous la direction du Contrôleur Général-Major Tiantio Diarra, Conseiller à la Sécurité et à la Protection Civile du Gouverneur, le Comité Régional de Gestion des Crises et Catastrophes s’est réuni en session élargie.

L’objectif était clair : passer au crible la disponibilité et l’accessibilité des produits de première nécessité dans un contexte économique globalement tendu. Entouré de figures clés telles que M. Abdramane Sidibé (représentant de la mairie), M. Yacouba Sidibé (DRDS-ES) et M. Sékou Fofana (Directeur Régional du Commerce et de la Concurrence), le comité a articulé ses travaux autour de trois axes majeurs.

Le rapport présenté par la Direction Régionale du Commerce et de la Concurrence (DRCC) apporte une bouffée d’oxygène. Globalement, les marchés de la région de Sikasso restent bien approvisionnés.

Mieux encore, une tendance à la baisse a été observée sur certains produits stratégiques :

  • L’échalote fraîche : Son prix a chuté grâce à une offre abondante sur les étals.
  • Le riz étuvé blanc local : On note une baisse de 25 FCFA par kilogramme, une diminution salutaire expliquée par une forte disponibilité du produit face à une demande actuellement plus timide.

La question de la viande a suscité de vifs échanges. Si les consommateurs s’inquiètent de la hausse des tarifs, le Président de la Chambre Régionale d’Agriculture a tenu à apporter des clarifications.

Selon les acteurs de l’interprofession bétail-viande, cette augmentation est le résultat direct de deux facteurs exogènes :

  1. La flambée du prix d’achat du bétail sur les marchés de collecte.
  2. L’insécurité grandissante qui complexifie le transport et l’approvisionnement.

Toutefois, une note positive est à souligner : les données comparatives révèlent que Sikasso demeure la ville où la viande est la moins chère par rapport à d’autres localités comme Bamako, Kayes ou Koutiala. Une résilience saluée par les membres du Comité.

Le point le plus sensible de l’ordre du jour concernait l’approvisionnement en hydrocarbures. À la date du 7 avril, le constat était contrasté :

  • Essence : 200 000 litres étaient disponibles avec 32 stations opérationnelles.
  • Gasoil : Un stock nul (0 litre) a été constaté dans les pompes à cette date précise.

Cependant, l’optimisme reste de mise quant à un retour rapide à la normale. Selon les services des Douanes, un flux important est en attente aux frontières : 49 citernes à Hérémakono et 27 citernes à Zégoua. Ce convoi, transportant essence et gasoil, devrait prochainement débloquer la situation au niveau régional. En attendant, les autorités veillent au respect strict des prix plafonds pour éviter toute spéculation sauvage.

Cette réunion de veille stratégique démontre la volonté des autorités régionales d’anticiper les ruptures et de protéger le pouvoir d’achat des citoyens. La vigilance reste de mise, particulièrement sur le front des hydrocarbures où le dépotage des citernes en attente est impatiemment attendu.

Sadia Camara Radio Foundara Kadiolo

Source : Le PAYS

Laisser un commentaire