L’affaire dite ‘’Société orange-Mali’’ contre ses anciens travailleurs va bientôt connaitre son épilogue. Après le licenciement de 151 de ses travailleurs temporaires depuis des années, ceux-ci, réunis au sein d’un Syndicat dénommé Comité Syndical des Travailleurs Temporaires d’Orange Mali (CSTTOM) ont porté l’affaire devant la justice. Ainsi, le délibéré de la Cour d’Appel prévu pour le 25 juin 2026 a été reporté au 2 juillet prochain par ladite juridiction. Vu l’ampleur et l’impact que dégage ce dossier, la Cour d’Appel de Bamako est attendue pour une décision historique.
Cette affaire défraie toujours la chronique. Surtout qu’actuellement ladite société de télécommunication fait face à une campagne de boycott suite à ses tarifs de connexion qui sont jugés élevés par une Association de consommateurs.
En effet, selon le Porte-parole du Comité Syndical des Travailleurs Temporaires d’Orange Mali (CSTTOM), Maty Bagayogo, ils sont au nombre de 151 travailleurs de Orange-Mali injustement licenciés regroupé au sein de CSTTOM. Suite à cela et après avoir épuisé toutes les voies de négociation, ils ont été obligés d’assigner leur Société employeur (Orange-Mali), les Bureaux de placement RMO (Relation Main d’Œuvre) ainsi que CEI SARL (Conseil d’Étude Intermédiation) à la justice le 4 octobre 2024.
Après 9 mois d’échanges d’écritures, dit-il, le Tribunal du Travail s’est déclaré incompétent pour trancher l’affaire. C’est suite à cela que le CSTTOM a interjeté appel devant la Cour d’Appel de Bamako à la date du 30 septembre 2025. « Après les échanges d’écriture, le dossier a été mis en délibéré en premier lieu pour le 25 juin 2026 avant d’être reporté au 2 juillet 2026 » éclaircit M. Bagayoko.
Il poursuit que depuis un moment, Orange Mali, par l’intermédiaire d’une commission, a sollicité leur rencontrer pour une négociation. « La proposition faite par Orange-Mali contenait beaucoup de violations de droit, notamment le retour vers les Bureaux de placement » affirme-t-il. Une proposition d’ailleurs balayée d’un revers de main par la commission des travailleurs licenciés. Ce, pour la simple raison poursuit le porte-parole des licenciés : « nous n’allons pas être complices de la violation du Code du travail malien ». Après cet échec, le Ministre d’État Ismaël Wagué et le Ministre du Travail, Dr Fassoun Coulibaly ont pris contact avec la commission des travailleurs licenciés.
« Après des jours, la proposition n’a pas évolué car Orange-Mali reste camper sur sa position, mais la porte des négociations est toujours ouverte et nous sommes confiants que des propositions dignes du nom seront mises sur la table par Orange Mali. Nous avons confiance en la justice pour faire prévaloir le droit et sanctionner Orange Mali ainsi que les Bureaux de placement pour les abus commis contre nous, les travailleurs injustement licenciés, car nous sommes dans un Etat de droit » espère Maty Bagayoko.
En attendant, toutes les attentions sont portées sur la décision du 2 juillet 2026 de la Cour d’Appel de Bamako, sans doute qui sera mémorable.
Pour rappel, la plainte formulée par les travailleurs temporaires d’Orange-Mali s’articule sur trois points essentiels : la requalification des contrats temporaires en contrats CDI avec Orange-Mali, le paiement des droits et dommages et la régularisation des cotisations INPS.
Mariam Sissoko
Source : Le Sursaut
