Pas de mouvement de grève en gestation ni de violation du Pacte de Stabilité sociale et de Croissance. Les syndicats de l’éducation signataires du 15 octobre 2016, certes mécontents de la lettre du ministre de l’Éducation nationale donnant des instructions fermes par rapport au redéploiement des détenteurs de licence dans leurs écoles d’origine, n’ont rien dit de grave à l’issue de leur Assemblée générale, tenue le mardi 14 avril sur toute l’étendue du pays.
Dans son communiqué final, la synergie des syndicats de l’éducation signataires du 15 octobre 2016 reconnait ne pas être signataire du Pacte de Stabilité Sociale et de Croissance. En tant qu’entité, elle souligne être dans l’obligation de la respecter ce, pour simple raison que les syndicats libres l’ont signé. « Ce qui, de toute évidence, ralentit les actions syndicales, laissant place au dialogue et aux discussions, car la synergie n’a jamais voulu porter atteinte à son engagement », apprend-on des syndicats.
Cette Assemblée générale a permis des discussions sur la question d’enrôlement des enseignants, la prime spéciale des enseignants, des rappels des heures supplémentaires et des frais d’encadrement, la question des détenteurs de licence, la mise en exécution du PV datant du 18 mai 2019… Pour ce qui est l’exécution du PV de 2019, la synergie rappelle que le 18 mai 2019, le Gouvernement et les syndicats ont signé un procès-verbal de conciliation en 10 points, dont le dixième porte sur l’accès des enseignants fonctionnaires des collectivités aux services centraux de l’État. En application de ce point, une commission tripartite composée du Gouvernement, des syndicats et des conciliateurs avait été mise en place.
Elle a produit un rapport avec plusieurs recommandations dont l’une est la relecture du Statut général des Fonctionnaires des collectivités, avec suppression des dispositions relatives à la durée de la mise à disposition. Ces corporations syndicales, s’inscrivant dans le strict respect des conclusions de la Conférence sociale et des engagements pris par les parties dans le cadre de la mise en œuvre du Pacte de stabilité sociale et de Croissance, ont ainsi demandé au Gouvernement, le respect de ses engagements en ce qui concerne l’extinction de l’ensemble des procès-verbaux signés avec les partenaires sociaux.
Parlant de l’enrôlement des enseignants, les syndicats ont salué les actions des synergies régionales. Lesquelles ont pallié aux divergences en posant des actions. Estimant qu’elle n’est pas restée en marge, la synergie a également souligné avoir engagé des pressions fortes qui ont véritablement modifié le cours des événements, avec le retour des équipes pour l’enrôlement des enseignants omis au sein des régions. Aux militants, la synergie rassure qu’elle suit de près les cas restants, notamment les enseignants qui ont des problèmes d’empreinte et qui sont toujours privés de salaire, voire ceux qui ont un problème de conformité entre la date de naissance sur leurs actes de naissance et les actes de recrutement.
Les frais d’heures supplémentaires, les rappels, les primes de risque et les frais d’encadrement, la prime spéciale
« Le suivi de ces dossiers est le quotidien de la synergie nationale. Pour un bon suivi, les informations envoyées par nos camarades des régions sont déterminantes et facilitent à la fois la tâche pour nos démarches et le traitement au niveau des services techniques. Certes, des dossiers prennent du retard, mais les syndicats rassurent leurs militants qu’aucun rappel ne sera à l’oubli, et des actions seront menées comme d’habitude pour la diligence des dossiers en cours », lit-on dans ce communiqué, indiquant que la prime spéciale est l’un des points inscrits dans le PV de conciliation entre le gouvernement et les syndicats de l’éducation signataires du 15 octobre 2016, le 13 décembre 2022. Son(prime) octroi a été conditionné à la relecture de l’Ordonnance de 1975, relative aux primes et indemnités en République du Mali. Pour ce faire, la conférence et le Pacte ont demandé la relecture de cette ordonnance pour prendre en charge les engagements de l’État, d’une part et d’autre part, légaliser les primes et indemnités qui sont déjà octroyées aux agents. C’est ainsi qu’il y a eu plusieurs réunions au cours desquelles un projet de loi a été présenté aux partenaires avec des propositions, ont détaillé les syndicats qui se sont également penchés sur l’impact de la relecture du statut général sur les enseignants.
La question des détenteurs de licence
En la matière, la synergie a rappelé que cette question oppose les syndicats au ministère de l’Éducation nationale depuis plusieurs années. La lettre N°2024-001004/MEN-SG du 30 octobre 2024, relative à la suspension du redéploiement, est le résultat des négociations tenues entre les syndicats et le ministère de l’Éducation à la présidence. Suspendre cette lettre de façon unilatérale et surtout à un moment où les discussions sont en cours est, pour elle, un mauvais signal qui prouve que les différentes rencontres n’étaient que des diversions. Cet acte du ministre brise définitivement la confiance établie entre les syndicats et le ministre lors de la rencontre de septembre 2024 à la présidence. Cette question qui est à la base de ce mouvement doit, a-t-elle supposé, retenir l’attention de tous. « Le syndicalisme, c’est la solidarité, aujourd’hui c’est X demain, ce serait y et tous ont besoin de l’accompagnement du syndicat en ce moment difficile », ont conclu les syndicats.
Mamadou Diarra
Source : Le PAYS
