Gouvernance migratoire : 27 000 Maliens de retour, 13 929 réintégrés, le pari de la complicité OIM-MMEIA

Au Mali, la gestion des migrations affiche des résultats concrets. Selon le ministre Mossa Ag Attaher, plus de 27 000 compatriotes ont regagné le pays ces dernières années. Dans le même temps, 13 929 migrants ont déjà achevé leur processus de réintégration, avec l’appui de l’Organisation internationale pour les migrations. Des avancées qui traduisent une volonté affirmée de renforcer la gouvernance de la migration à travers une approche coordonnée et durable.

La réunion du Cadre national pour la réintégration des migrants (CNRM) a été l’occasion pour les autorités maliennes et leurs partenaires de faire le point sur les progrès enregistrés en matière de retour et de réintégration des migrants.

Au centre des échanges, on note une augmentation significative des retours de migrants ces dernières années. Selon le ministre des Maliens établis à l’extérieur et de l’intégration africaine, Mossa Ag Attaher, ce sont plus de 27 000 Maliens qui ont regagné la mère patrie, souvent en situation de vulnérabilité. Une réalité qui impose, selon lui, une réponse à la fois coordonnée, humaniste et durable.

C’est pourquoi les résultats obtenus en matière de réintégration ont également été mis en avant. D’après les données présentées par l’Organisation internationale pour les migrations, 13 929 migrants de retour, dont 11 749 hommes et 2 180 femmes, ont déjà achevé leur processus de réintégration. Ces résultats ont été rendus possibles grâce au Mécanisme de protection et de réintégration des migrants en situation de vulnérabilité en Afrique subsaharienne, soutenu par l’Union européenne.

Intervenant à cette occasion, le chef de mission de l’OIM, Dr Aboubacar Seybou, a insisté sur la nécessité de dépasser les approches limitées à une assistance ponctuelle. Il a salué une évolution notable dans la conception de la réintégration au Mali, désormais envisagée comme un processus structuré et durable.

« L’un des grands acquis du CNRM est d’avoir affirmé une vision claire et ambitieuse de la réintégration », a-t-il déclaré, précisant que cette approche repose sur trois dimensions essentielles à savoir : économique, sociale et psychosociale. Elle vise ainsi à faciliter l’accès à l’emploi, à renforcer l’inclusion communautaire et à accompagner les migrants dans la reconstruction de leurs projets de vie.

Une orientation en phase avec la vision défendue par les autorités maliennes. Pour le ministre Mossa Ag Attaher, la réintégration ne saurait être réduite à une « simple assistance palliative et éphémère », mais doit être conçue comme un processus « holistique, inclusif et véritablement structurant ».

C’est dans cette perspective que s’inscrit le Cadre national pour la réintégration des migrants, présenté comme un outil central de coordination. L’initiative vise à renforcer la synergie entre les institutions publiques, les collectivités territoriales, la société civile, le secteur privé ainsi que les partenaires techniques et financiers.

Au-delà des résultats déjà enregistrés, les travaux engagés doivent permettre de franchir une nouvelle étape. Plusieurs priorités ont ainsi été définies, notamment l’appropriation du cadre par les acteurs concernés, la consolidation de la synergie interinstitutionnelle, l’adoption de procédures opérationnelles standardisées et la planification des actions pour l’année 2026.

Pour le ministre, ces échanges doivent surtout permettre de « jeter les fondations d’une action d’envergure, éminemment collective, empreinte d’une efficacité accrue et génératrice d’un impact tangible ». Une ambition qui traduit la volonté du gouvernement de structurer davantage son action dans ce domaine.

Dans un contexte où le Mali se situe à la croisée des dynamiques migratoires en Afrique de l’Ouest, cette approche se veut également une réponse aux défis liés à la gestion des flux migratoires et à l’accompagnement des retours.

Le gouvernement réaffirme ainsi son engagement à faire de la migration un levier de développement socio-économique, tout en veillant à garantir une réintégration digne et durable des migrants de retour.

Pour les autorités comme pour leurs partenaires, la réussite de cette démarche repose désormais sur la capacité collective à coordonner les interventions, à assurer un suivi rigoureux des actions et à maintenir une dynamique de collaboration entre l’ensemble des parties prenantes.

Issa Djiguiba

Source : Le PAYS

Laisser un commentaire