À mesure que la Tabaski approche, les conversations dans les grins de Bamako prennent une tournure de plus en plus préoccupante.
Cette année, un constat revient avec insistance : les moutons se font rares dans plusieurs quartiers de la capitale, alors que les prix affichés sur les marchés dépassent déjà les capacités financières de nombreuses familles.
Dans plusieurs secteurs de Bamako, les espaces habituellement occupés par les vendeurs de bétail restent encore peu fournis à moins de deux semaines de la fête. Une situation inhabituelle qui alimente les débats dans les grins, où chacun tente d’expliquer cette faible présence des troupeaux.
Pour de nombreux habitants, les difficultés de transport seraient l’une des principales causes de ce ralentissement de l’approvisionnement. Certains évoquent également les contraintes sécuritaires sur certains axes ainsi que l’augmentation des coûts liés au convoyage des animaux vers la capitale.
« Les moutons arrivent au compte-gouttes cette année », observe un habitué d’un grin de Lafiabougou. « Les années précédentes, à cette période, les rues étaient déjà pleines de vendeurs. Aujourd’hui, on cherche encore les grands troupeaux. »
Cette rareté a une conséquence directe sur les prix. Selon plusieurs témoignages recueillis, les tarifs pratiqués actuellement dépassent largement ceux des années précédentes. Pour obtenir un mouton considéré comme “acceptable” pour la fête, certains estiment qu’il faut désormais prévoir au minimum 160 000 F CFA, voire davantage pour les plus beaux béliers.
Une réalité qui nourrit les inquiétudes au sein des familles, déjà confrontées à la hausse générale du coût de la vie. Dans les discussions, beaucoup reconnaissent que l’achat du mouton de Tabaski devient progressivement un véritable défi budgétaire.
« Cette année, beaucoup de familles risquent de ne pas pouvoir acheter un mouton », regrette un participant au grin. « Même les petits moutons coûtent cher. »
Malgré tout, l’espoir d’une baisse des prix demeure. Plusieurs observateurs misent sur une arrivée plus massive des troupeaux dans les jours précédant la fête, comme cela se produit souvent à l’approche immédiate de la Tabaski. Une augmentation de l’offre pourrait alors contribuer à détendre légèrement le marché et rendre les moutons plus accessibles.
En attendant, dans les grins de Bamako, chacun suit attentivement l’évolution des marchés, entre inquiétude, calculs et espoir de voir les prix devenir plus supportables avant le grand rendez-vous de la Tabaski.
Ibrahima Ndiaye
Source : Mali Tribune
