Lorsque les thermomètres ne flanchent toujours pas dans la capitale comme dans les zones de production, les yeux sont rivés, en cette mi-mai, sur les dates des premières pluies.
Selon la prévision saisonnière 2026 de Mali météo, sortie ce début mai, la saison de cette année s’annonce « peu humide » de façon générale par rapport aux autres années passées.
Les autorités maliennes ont lancé, la semaine passée, le programme de curage des collecteurs et caniveaux dans le district de Bamako au titre de l’année 2026 pour un coût global de plus de 4,5 milliards de F CFA. Par ce lancement, elles s’activent ainsi à prévenir les risques d’inondations en amont de la saison des pluies de cette année.
Une saison qui s’annonce déjà « peu humide ». Ce qu’annonce du moins Mali météo dans ses analyses sur la campagne saisonnière 2026 au Mali, sorties, ce début mai. Les résultats évoquent aussi quelques « cas d’inondations, de vent violent, de foudre et de risque de sécheresse dans certaines localités ».
Si habituellement, les zones de production sont normales à excédentaires et les zones désertiques, les zones du nord, légèrement déficitaires, la saison des pluies de cette année est peu particulière, à l’analyse du rapport.
Sur la période de mai, juin, juillet 2026, par exemple, le cumul pluviométrique reste normal à déficitaire par rapport à la moyenne saisonnière de la période de 1991 à 2020, dans plusieurs régions du sud dont Sikasso jusqu’à Mopti, en passant par Ségou, Koutiala, Bougouni, Koulikoro, San, Kayes, Nioro, Nara, Kita et le district de Bamako. Par contre, durant la même période, à partir de Mopti, jusqu’aux régions du nord : de Ménaka, Gao, Tombouctou, Kidal et Taoudeni, le cumul reste excédentaire dans ces zones -là.
Ce cas est considéré d’exceptionnel par les spécialistes du domaine, dont le Chef bureau prévisions et alerte métrologique à Mali-Météo Bakari Mangane. Pour le prévisionniste, « c’est un peu différend cette année. C’est cette tendance qui est maintenue aussi pour la période juin, juillet, août. « Globalement, la situation se présente comme une situation normale à déficitaire du point de vue du cumul pluviométrique ».
Suivant les données, les débuts de la saison des pluies sera normal à tardif dans plus d’une dizaine de régions de grande production et celui du district de Bamako. Un démarrage normal à précoce est prévu dans les régions de Mopti, Bandiagara et les zones du Nord c’est-à-dire Tombouctou, Gao, Menaka, Kidal et Taoudenit…La fin aussi sera normale à tardive en endroits.
Retour des pluies provoquées
Les analyses de la prévision saisonnière 2026 annoncent aussi des séquences sèches longues à normales, en début de saison, dans l’ensemble, exceptées les régions de Tombouctou, Gao, Ménaka, Kidal et Taoudeni où elles seront normales à courtes.
Des assistances seront apportées aux localités touchées au moment opportun, rassure le chef bureau prévisions et alerte métrologique à Mali-Météo. Il déclare que « le Programme national des pluies provoquées (PPP) sera très actif cette année pour intervenir dans les zones en déficit pluviométrique durant la saison des pluies 2026. L’intervention sera programmée lorsque les conditions météorologiques sont favorables aussi au niveau atmosphérique », précise-t-il.
Réussir sa saison
Réussir une saison agricole peu humide, l’équation n’est pas impossible, de l’avis des techniciens. Leur première impérative est d’abord l’implication de tous les acteurs du domaine pour mieux accompagner et assister les producteurs pour une meilleure réussite de la campagne.
Le chef bureau prévisions et alerte métrologique à Mali-Météo partage aussi cet avis.
Au-delà de cet engagement, le prévisionniste conseille aux producteurs de faire un bon choix du site (bas-fond), de privilégier le choix des semences qui supportent le stress hydrique ou des pauses pluviométriques normales etc.. et privilégier les variétés de cultures à cycle court à moyen.
Pour Bakari Mangane, les producteurs doivent aussi faire les activités agricoles à temps dans chaque région en fonction de l’évolution pluviométrique de la saison. « Il faut encourager les producteurs à aller voir les micro assurances agricoles pour bénéficier d’un accompagnement en cas de sinistre ou de pertes agricoles », ajoute-t-il.
Tout ceci doit être « accompagné par un suivi du calendrier agricole des semis par régions et de l’itinéraire agricole du début jusqu’à la fin de la saison des pluies, préconise le technicien, convaincu. « Je pense qu’on aura une bonne saison lorsque les consignes et les conseils seront respectés partout et surtout venant de l’encadrement technique ».
Kadiatou Mouyi Doumbia
Source : Mali Tribune
