Face aux contraintes de temps et de mobilité, de plus en plus de parents à Bamako confient le transport de leurs enfants aux motos-taxis, appelées « télimani ». Une alternative accessible, mais qui soulève des inquiétudes en matière de sécurité.
À Bamako, les motos-taxis séduisent par leur coût abordable et leur facilité d’accès. Pressés par leurs obligations professionnelles, certains parents n’hésitent plus à recourir à ces conducteurs pour assurer les trajets domicile-école de leurs enfants.
Daouda Keïta et Assimi Coulibaly font partie de ces jeunes conducteurs engagés par des familles, moyennant un paiement journalier ou mensuel.
« J’ai un contrat avec une famille. Chaque jour, j’amène leur petit garçon à l’école et je suis payé chaque vendredi. Ce n’est pas un travail facile. Une fois sur la moto, l’enfant dort. J’utilise une ceinture pour l’attacher à moi afin d’éviter qu’il ne tombe », explique Daouda Keïta.
Assimi Coulibaly, lui, transporte deux enfants âgés de 5 et 7 ans, sur un trajet reliant Djikoroni à Badjalan.
Entre solution pratique et inquiétudes
Si certains parents voient dans ce service une solution adaptée à leur quotidien, d’autres s’inquiètent des risques.
« Avant, j’accompagnais moi-même mes enfants à l’école. Mais avec mon travail, je les ai confiés à un conducteur de moto-taxi. Cela nous arrange », confie un père de famille.
Mais tous ne partagent pas cet avis. « Ces conducteurs prennent parfois plusieurs enfants à la fois pour éviter les allers-retours. En cas d’accident, les conséquences peuvent être graves », alerte un autre parent, témoin de plusieurs incidents.
Face aux dérives constatées, notamment le transport de trois à quatre enfants sur une seule moto, de nombreux citoyens appellent à une régulation du secteur.
Ils recommandent notamment l’obligation du permis de conduire pour les conducteurs de motos-taxis, afin de réduire les risques et garantir la sécurité des enfants.
Source : Studio Tamani
