Ce rapport a été produit par OCHA sur la base de données partagées partenaires humanitaires et des services étatiques au niveau national et régional. Il couvre la période du 25 avril au 10 mai 2026.
Faits saillants
- Attaques coordonnées et simultanées par des groupes armés dans plusieurs localités du Mali, causant d’importants dégâts humains et matériels.
- Déplacements limités de populations avec 600 personnes enregistrées au Niger et plus d’une centaine de ménages déplacés à l’intérieur du pays.
- Reprise progressive des activités humanitaires.
Aperçu de la situation
Le 25 avril 2026, des groupes armés ont perpétrés des attaques coordonnées ciblant principalement les localités de Kati, Sevaré, Gao, Mopti et Kidal. Le bilan humain de ces attaques reste à confirmer mais d’importants dégâts matériels ont été rapportés par les différents partenaires humanitaires. Dans la région de Mopti, les locaux et infrastructures hydrauliques de cinq établissements éducatifs ont été endommagés, entrainant une suspension des cours jusqu’au 4 mai 2026. Un centre de santé communautaire à Gao ainsi que la Direction Régionale de la Santé à Kidal ont été pris pour cible par les groupes armés, compromettant l’accès aux soins de santé des populations vulnérables de ces zones. Des infrastructures de communication essentielles ont également été endommagées par les groupes armés à Rhaous (région de Tombouctou), Tessit (région de Gao), ainsi qu’à Ménaka et Kidal, rendant difficile le suivi de la situation humanitaire dans ces zones. Des attaques de groupes armés ont également été rapportées sur certains axes routiers, compliquant la circulation des personnes, l’approvisionnement en carburant et denrées alimentaires. Depuis la survenue des attaques, UNHAS a pu opérer plusieurs vols spéciaux vers Tombouctou et Gao avant la reprise des vols réguliers le 7 mai 2026. Les opérations d’assistance humanitaire multisectorielle ont progressivement repris dans la majeure partie du pays, à l’exception des régions de Kidal et Ménaka.
Réponses humanitaires et besoins
Sécurité alimentaire et moyens de subsistance
Depuis le 29 avril 2026, le Programme Alimentaire Mondial et l’ONG internationale WHH ont fourni une assistance alimentaire et nutritionnelle d’urgence à plus de 15 600 réfugiés de Koro et à plus de 21 000 personnes des régions de Mopti et Tombouctou. Dans la région de Bandigara, 618 personnes déplacées ont reçu de l’aide ainsi que 1 110 réfugiés à Ouenkoro, en collaboration avec l’ONG internationale CARE.
Depuis le 4 mai 2026, les programmes d’alimentation scolaire ont repris dans les régions de Mopti, Koulikoro, Ségou et Ménaka. En revanche, le programme d’alimentation scolaire reste temporairement suspendu dans 16 écoles de la région de Kidal du fait de l’insécurité. Cette suspension affecte 2 913 élèves dont au moins 50% de filles.
Dans les régions de Mopti, Gao et Ménaka, les partenaires du secteur de la sécurité alimentaire ont également rapporté des augmentations de 25 à 71% du prix des denrées alimentaires essentielles telles que le riz importé, la farine de blé, l’huile végétale, le maïs et le mil. Une hausse de 10 à 20 % des prix des aliments pour le bétail a également été observée dans l’ensemble du cercle de Gao.
Santé/Nutrition
A la suite des attaques du 25 avril, les autorités sanitaires nationales ont rapidement mobilisé les structures de santé pour assurer la prise en charge initiale des blessés dans les hôpitaux locaux. En complément, l’Organisation Mondiale de la Santé a fourni des médicaments et équipements à l’hôpital Moulaye Touré de Gao
La mission du Bureau des Nations Unies pour la Coordination des Affaires Humanitaires (OCHA) est de Coordonner la réponse d’urgence mondiale pour sauver des vies et protéger les personnes en cas de crise humanitaire. Nous plaidons pour une action humanitaire efficace et fondée sur des principes, menée par tous et pour tous. www.unocha.org
MALI: Situation humanitaire à la suite des attaques du 25 avril 2026 | Rapport de situation No 01 | 2
pour la prise en charge des blessés. Le CICR en a fait de même pour la prise en charge des blessés à Mopti et Gao. Des partenaires tels qu’UNICEF et Save the Children ont également contribué à cette réponse sanitaire en fournissant des premiers soins à Mopti.
UNFPA et ses partenaires continuent d’assurer la prise en charge des cas de violences basées sur le genre, le soutien psychosocial ainsi que la fourniture des services essentiels en matière de santé sexuelle et reproductive à Tombouctou, Gao, Mopti, Ségou, Kidal et Ménaka. Pour ce faire, UNFPA s’appuie sur le déploiement d’une trentaine de sage-femmes humanitaires, les cliniques mobiles polyvalentes ainsi que les ‘’One Stop Centers’’ et ‘’Espaces Sûrs’’ existants. L’agence prévoit également l’acheminement de 2 500 kits de dignité ou gestion de l’hygiène menstruelle vers les six régions précitées.
Toutefois, les hôpitaux et centres de santé font face à des besoins critiques en médicaments essentiels, équipements de traumatologie, compromettant la continuité et la qualité des soins. Les partenaires de la santé ont notamment alerté sur l’insuffisance de kits médicaux d’urgence, équipements chirurgicaux, et d’unités de transfusion sanguine pour la prise en charge de blessés équipements. Le déploiement d’Équipes Médicales d’Urgence pour la prise en charge des blessés ainsi que la réhabilitation des structures de santé endommagées par les attaques constituent également des besoins prioritaires.
Protection/Mouvement de population
Les attaques du 25 avril n’ont pas entraîné de déplacements massifs de populations. Toutefois, le Haut Commissariat aux Réfugiés (HCR) a enregistré 600 nouveaux réfugiés maliens provenant de Labbezanga (région de Gao) au Niger entre le 27 et le 29 avril 2026. La situation dans le nord du pays a également entraîné des mouvements de population internes, avec au moins 86 foyers déplacés à l’intérieur de la région de Kidal, 122 dans la région de Gao et 78 dans la région de Mopti. Les autorités locales ont rapporté que l’insécurité aurait entrainé des déplacements de plus de 2 045 personnes (75% de femmes et enfants) dans la région.
Des cas de violences physiques et sexuelle perpétrés par les groupes armés ont été documentés à Kidal et les partenaires présents dans la zone ont pu fournir une prise en charge initiale des victimes. Les acteurs de la protection ont émis des préoccupations quant aux risques continus d’exactions et de violations des droits humains auxquels les populations civiles pourraient être exposées dans les régions de Gao, Kidal, Ménaka et Tombouctou du fait de la présence des groupes armés.
Les besoins prioritaires communs identifiés concernent le renforcement du monitoring de protection, le soutien psychosocial aux populations affectées par l’insécurité ainsi que le renforcement de l’accès humanitaire et des services essentiels. Les partenaires du secteur de la protection appellent également au renforcement de la protection communautaire à travers des activités de sensibilisation sur les mécanismes d’alerte précoce, ainsi qu’un accompagnement des communautés visant à réduire les risques et à prévenir les incidents, les déplacements préventifs, la séparation familiale, etc.
Education
Du 27 avril au 03 Mai 2026, les établissements scolaires de la région de Gao ont été temporairement fermés afin de garantir la sécurité des enfants et du personnel éducatif. Depuis le 04 mai 2026, l’ensemble des écoles de la région ont repris leurs activités. Dans la région de Mopti, les infrastructures, équipements, latrines et points d’au moins six établissements ont été endommagé lors des attaques du 25 avril, affectant près de 3 400 élèves dont 52 % de filles.
Concernant la région de Ménaka, les acteurs du secteur de l’éducation ont souligné l’importance des sensibilisations communautaires, réhabilitations d’infrastructures éducatives ainsi que le renforcement du programme d’alimentation scolaire afin d’améliorer la fréquentation et le maintien des élèves.
Yvon Edoumou, Chef de la Coordination et des Opérations, OCHA Mali
