Quand le dépistage du cancer de sein et du col de l’utérus n’a pas touché toutes les femmes déplacées

À l’occasion d’Octobre rose, mois consacré à la lutte contre le cancer du sein et du col de l’utérus, des activités de sensibilisation et de dépistage ont été organisées dans certaines localités du Mali. À Ségou et à Gao, des femmes déplacées ont bénéficié de consultations. À Douentza, en revanche, elles affirment n’avoir reçu aucune information sur ces activités.

Dans la région de Ségou, des femmes déplacées internes se sont rendues dans les centres de santé pour se faire dépister du cancer du sein et du col de l’utérus. Les participantes interrogées se réjouissent des résultats de leurs consultations, qui n’ont révélé aucun cas de maladie selon leurs témoignages.

« Ils sont venus appeler toutes les femmes à aller dans les centres de santé pour se faire dépister. Ils ont fait beaucoup de sensibilisation sur la question. Ils ont parlé du cancer du sein et du col de l’utérus », raconte l’une des participantes.

Une autre femme explique avoir été rassurée après sa consultation : « Je suis allée au centre de santé. L’agente de santé m’a consultée et m’a dit que j’étais en bonne santé. On nous a aussi demandé de signaler les maladies dont nous souffrions. »

« Ils nous ont consultées par rapport au cancer du sein et du col de l’utérus. Après les consultations, ils nous ont indiqué que nous étions en bonne santé. En tout cas, c’est mon cas », confirme une troisième participante.

À Gao, plusieurs ONG interviennent sur le site de Congo Goma

Les femmes déplacées installées sur le site de Congo Goma de Gao ont également bénéficié d’activités de dépistage et de sensibilisation. Selon Alassane Ag Mohamed, responsable du site, plusieurs ONG se sont mobilisées durant le mois d’octobre pour informer les femmes et leur permettre d’accéder aux consultations.

Il se félicite de ces interventions, estimant qu’elles étaient particulièrement importantes, compte tenu du nombre de femmes vivant sur le site. Il affirme qu’aucun cas de cancer du sein n’a été détecté au cours des dépistages organisés.

« Effectivement, courant le mois d’octobre, on a eu la chance d’avoir beaucoup d’organisations qui sont intervenues dans le cadre des dépistages du cancer du sein, ainsi que de multiples sensibilisations. Ces activités sont venues à point nommé, parce que notre site est grand et compte beaucoup de femmes », témoigne-t-il.

Le responsable du site se réjouit également des résultats obtenus.

À Douentza, les femmes déplacées oubliées des activités

La situation est différente à Douentza. Les femmes déplacées installées dans cette ville affirment n’avoir bénéficié ni de séances de sensibilisation ni de consultations de dépistage dans le cadre d’Octobre rose.

Selon Mariam Maïga, porte-parole de ces femmes, la plupart d’entre elles ignorent même l’existence de ce mois de mobilisation contre les cancers féminins. Elle dit avoir découvert cette initiative à l’occasion de cet entretien et plaide pour l’organisation d’activités similaires à leur intention.

« À vrai dire, nous n’avons même pas entendu parler de ce mois d’Octobre rose. C’est avec vous que nous avons appris cette nouvelle. Si nous-mêmes, nous ne savons pas, qu’est-ce que nous allons dire aux autres ? Nous n’avons aucune information à ce sujet. On ne sait même pas de quoi il s’agit. À moins que l’on vienne maintenant nous en dire davantage », déplore-t-elle.

Entre Ségou, Gao et Douentza, l’accès à la sensibilisation et au dépistage reste donc inégal pour les femmes déplacées. Alors que certaines ont pu bénéficier de consultations grâce à la mobilisation des structures sanitaires et des ONG, d’autres restent dans l’attente d’informations et d’une prise en charge.

Une situation qui rappelle l’importance de rendre les campagnes de prévention accessibles à toutes les femmes, y compris celles vivant sur les sites de déplacement.

Source : Studio Tamani

Laisser un commentaire