Burkina Faso : le gouvernement dénonce une « ingérence » après une résolution du Parlement européen

Le Burkina Faso a vivement réagi à la résolution adoptée le 18 juin 2026 par le Parlement européen sur la situation des libertés fondamentales et de l’espace civique dans le pays. Dans une note verbale adressée à la Délégation de l’Union européenne à Ouagadougou, le gouvernement burkinabè rejette catégoriquement le contenu du texte et y voit une remise en cause de sa souveraineté.

Selon le ministère des Affaires étrangères, la résolution européenne repose sur des « allégations infondées », des « jugements péremptoires » et une lecture biaisée de la réalité burkinabè. Les autorités dénoncent notamment ce qu’elles qualifient de « démarche paternaliste » de certains parlementaires européens et une tentative d’ingérence dans les affaires internes du pays.

Une réponse ferme de Ouagadougou

Dans sa réponse, le gouvernement affirme que le Parlement européen a ignoré les avancées enregistrées depuis 2022 dans la lutte contre le terrorisme, la reconquête du territoire national et les efforts de relance économique.

Les autorités burkinabè estiment également que les critiques formulées interviennent à un moment où le pays poursuit une lutte qu’elles qualifient d’« existentielle » contre les groupes armés terroristes et leurs soutiens extérieurs.

La question de la crise sahélienne remise sur la table

Ouagadougou rappelle par ailleurs que l’instabilité actuelle au Sahel trouve son origine dans la chute du régime libyen à la suite de l’intervention militaire de l’OTAN en 2011. Selon le gouvernement, cette opération a favorisé la prolifération des armes, le développement des réseaux criminels et l’expansion du terrorisme dans toute la région.

Les autorités regrettent que cette dimension historique, qu’elles considèrent comme essentielle à la compréhension de la situation sécuritaire actuelle, n’ait pas été prise en compte par les eurodéputés.

Un dialogue souhaité, mais sur une base de respect mutuel

Malgré la fermeté de son ton, le Burkina Faso affirme rester ouvert à la coopération avec l’Union européenne et ses partenaires internationaux. Le gouvernement insiste toutefois sur la nécessité d’un dialogue fondé sur le respect mutuel, l’égalité souveraine des États et la non-ingérence.

« Cette résolution est nulle et de nul effet », conclut la note verbale, tout en réaffirmant la détermination des autorités à poursuivre leurs politiques de reconquête territoriale, de refondation de l’État et de préservation des intérêts stratégiques du pays.

Cette nouvelle passe d’armes diplomatique intervient dans un contexte de relations parfois tendues entre plusieurs pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) et certaines institutions occidentales, notamment sur les questions liées à la gouvernance, aux droits humains et à la lutte contre le terrorisme.

Kémoko Diabaté

Source : Le PAYS

Posted Under

Laisser un commentaire